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JAPON

Le pays sera dirigé par un gouvernement de coalition

Texte par : Dépêche
4 mn

Vainqueur des législatives du 30 août, le Parti démocrate du Japon a trouvé un accord avec le Parti social-démocrate et le Nouveau parti du peuple pour former une coalition, en vue de s'assurer une majorité stable au Sénat.

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AFP - Le Parti Démocrate du Japon (PDJ) vainqueur des élections législatives a formé une coalition gouvernementale avec deux autres partis, mercredi à l'issue d'une semaine de négociations tendues par des divergences sur la présence militaire américaine.

"Nous sommes désormais sur la ligne de départ du nouveau gouvernement", a déclaré le président du PDJ (centre-gauche), Yukio Hatoyama, après avoir signé un accord avec ses homologues du Parti Social-Démocrate (PSD, gauche) et du Nouveau Parti du Peuple (NPP, droite).

M. Hatoyama était déjà assuré d'être élu Premier ministre le 16 septembre par la Chambre des députés, où son mouvement est majoritaire à lui seul. Mais le PDJ a besoin du soutien des deux autres partis pour s'assurer une majorité stable au Sénat.

"L'important est que cette coalition travaille pour le peuple afin d'être bénéfique à la vie des gens, après le changement de gouvernement", a expliqué le prochain dirigeant de la deuxième économie mondiale.

Cet accord signé, des dirigeants du PSD et du NPP devraient entrer au gouvernement.

Les négociations s'étaient ouvertes il y a une semaine, après la large victoire aux législatives du PDJ qui a battu le Parti Libéral-Démocrate (PLD, droite) au pouvoir dans l'archipel depuis 54 ans quasiment sans interruption.

Le nouveau parti majoritaire a promis une politique de redistribution au profit des chômeurs, des retraités et des familles, financée par un gel des travaux publics inutiles et des économies dans l'admnistration.

Mais les discussions ont traîné à cause de divergences à propos de la présence militaire des Etats-Unis dans l'île d'Okinawa (sud), où sont stationnés plus de la moitié des 47.000 soldats américains postés au Japon au nom d'un traité de sécurité entre les deux pays.

Les partis se sont finalement mis d'accord pour "proposer une révision de l'Accord sur le statut de forces américaines au Japon", accusé par le PSD de donner des droits extra-territoriaux aux soldats.

Ils se sont également entendus pour "aller vers une révision du redéploiement des forces militaires américaines au Japon", afin de "réduire le fardeau pesant sur le peuple d'Okinawa".

Ce redéploiement a été négocié entre Américains et Japonais du temps où l'ex-président George W. Bush et le PLD étaient respectivement aux commandes.

L'accord conclu à l'époque prévoit notamment le déménagement d'une base aérienne controversée située à Futenma, dans une zone urbaine très peuplée d'Okinawa, vers un autre endroit de l'île.

La formulation retenue par les trois partis dans leur document de compromis reprend une promesse de campagne du PDJ.

Selon Hidekazu Kawai, professeur de politique à l'Université Gakushuin de Tokyo, les discussions ont été difficiles car "M. Hatoyama ne voulait pas toucher aux questions sensibles liées aux rapports entre le Japon et les Etats-Unis avant de rencontrer (le président américain) Barack Obama".

Les Etats-Unis ont prévenu qu'ils excluaient toute renégociation du redéploiement militaire, alors que M. Hatoyama s'est engagé pendant sa campagne à mener une politique plus indépendante vis-à-vis de l'allié américain.

Le PDJ "s'ajuste à la realpolitik, dans l'habituel changement des partis d'opposition devenant majoritaires", estime M. Kawai.

Le PSD avait toutefois averti mercredi en début de journée qu'il considérait "la question d'Okinawa comme prioritaire".

La population de l'île vit mal la présence des troupes et une série de viols commis par des soldats américains a défrayé la chronique l'an passé.

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