FRANCE

L'opposition exige la démission d'Hortefeux, accusé de racisme

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L'opposition, à l'instar de Benoît Hamon, Ségolène Royal et Olivier Besancenot, réclame la démission du ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, accusé d'avoir tenu des propos racistes lors de l'université d'été de l'UMP.

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"Il en faut toujours un. Quand il y en a un ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes." Cette phrase, tenue par le ministre français de l’Intérieur, Brice Hortefeux, dans les coulisses de l’université d’été de l’UMP à Seignosse (Landes), le week-end dernier, alors qu’il posait aux côtés d’un jeune militant UMP d’origine algérienne, suscite une vaste polémique.

 
Après sa mise en ligne, jeudi soir, sur le Monde.fr, le ministre a assuré n’avoir fait "aucune référence à une origine ethnique, maghrébine, arabe, africaine et ainsi de suite". "La réalité, c'est qu'il y a eu des blagues sur mes origines auvergnates [...] Et j'ai indiqué que quelques photos, ça allait et que je ne pouvais pas en faire plus car il fallait que je reparte", a expliqué Brice Hortefeux à quelques journalistes alors qu’il se trouvait à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), jeudi soir.

Le jeune militant UMP, Amine Benalia-Brouch, né à Dax, de père algérien et de mère portugaise, croit à la bonne foi du ministre d’Etat. "Il avait pris des photos avec des Auvergnats avant, et moi je lui en rajoute une de plus: c'est ça qu'il voulait dire", a-t-il expliqué à l'AFP. Et d’ajouter : "Si les propos avaient été racistes j'aurais réagi parce que mon intégrité aurait été attaquée". Vendredi matin, le jeune homme a posté une vidéo sur le Web.

 

 



Les membres de l’opposition politique crient au scandale. "La question n'est même pas de savoir s'il faut ou pas qu'il démissionne du gouvernement, mais que fait-il encore au gouvernement à cette heure-ci ?", a déclaré Benoît Hamon, porte-parole du Parti socialiste (PS). La première secrétaire du PS, Martine Aubry, se dit "choquée et consternée". "La dignité du pouvoir en place s'ébroue encore un peu plus dans le caniveau de sa pensée lepéniste", estiment les Verts dans un communiqué. Même écho de plusieurs associations de lutte contre le racisme, qui font chacune part de leur stupeur et jugent les propos de Brice Hortefeux clairement racistes.


Face à ce tollé, le gouvernement fait bloc autour du ministre de l’Intérieur. Jeudi soir sur TF1, le Premier ministre, François Fillon, a dénoncé "une campagne de dénigrement assez scandaleuse". Selon Xavier Bertrand, secrétaire général de l’UMP, il s’agit d’une "polémique honteuse qui prouve que la gauche est prête à tout pour nous nuire".


"On ne diffuse pas ce genre de document à la légère"

La rédaction du Monde.fr a diffusé un verbatim de la vidéo. "La phrase qui fait polémique n’a pas été sortie de son contexte", précise Alexis Delcambre, rédacteur en chef au Monde.fr. "Il y a une ou deux minutes de discussions avant. Et on entend que le ministre n’est pas le premier à aller sur le terrain raciste. Je ne vois pas où est l’ambiguïté là-dedans."

Selon Alexis Delcambre, la vidéo a été tournée par un journaliste professionnel, travaillant pour une chaîne de télévision. De son côté, Ozap.com a indiqué que les images ont été tournées par La Chaîne parlementaire (LCP). Interrogé par le site Internet, Gérard Leclerc, le patron des chaînes parlementaires, confirme l’information : "Nous aurions pu diffuser la vidéo dans le cadre de nos JT mais ils ne redémarrent que lundi (...) Il n'y a eu aucune censure de notre part", a-t-il précisé. Le journaliste qui a recueilli les images se tourne vers la rédaction du Monde. "Le journaliste a envoyé la vidéo à la rédaction du Monde papier, qui l’a réorientée vers la rédaction du Monde.fr", raconte Alexis Delcambre. "On ne diffuse pas ce genre de document à la légère, sans la certitude de son exactitude. Ce n’est pas parce que c’est du Web que ce n’est pas sérieux."

C’est en effet la critique émise par le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel. "Cet exemple m'alerte […] sur la capacité qu'il y a, tout d'un coup, à monter en épingle des bribes de séquences sur Internet sorties de leur contexte", a-t-il déclaré, précisant que "c'est arrivé à plusieurs reprises".

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