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FRANCE

Tollé après une phrase de Brice Hortefeux jugée raciste

Texte par : Dépêche
5 mn

Une réflexion équivoque du ministre de l'Intérieur pendant le campus UMP à Seignosse dans les Landes, au sujet d'un jeune militant UMP d'origine arabe, a suscité, jeudi, un tollé à gauche. Certains réclament sa démission.

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AFP - Une réflexion équivoque de Brice Hortefeux sur un jeune militant UMP beur a suscité jeudi un tollé à gauche, certains réclamant sa démission du gouvernement, d'autres dénonçant l'expression d'un "racisme bête et méchant".

"Il en faut toujours un. Quand il y en a un ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes", déclare M. Hortefeux dans cette vidéo, alors qu'il est en train de poser pour une photo avec ce jeune, Amine Benalia-Brouch, né à Dax, de père algérien et de mère portugaise, durant le Campus UMP à Seignosse (Landes), le week-end dernier.

Dans une ambiance potache, entouré de plusieurs militants hilares ainsi que de Jean-François Copé, patron des députés UMP, le ministre de l'Intérieur pose la main sur l'épaule du jeune homme. "Il ne correspond pas du tout au prototype", lance également M. Hortefeux.

Interrogé sur cette vidéo postée sur le site du Monde.fr, M. Hortefeux a assuré n'avoir voulu faire "aucune référence à une origine ethnique, maghrébine, arabe, africaine et ainsi de suite".

Alors qu'il se dirigeait vers la sortie "après avoir pris des dizaines de photos, notamment avec la délégation auvergnate, un jeune m'arrête et me demande une photo", a-t-il expliqué.

"Il avait pris des photos avec des Auvergnats avant, et moi je lui en rajoute une de plus: c'est ça qu'il voulait dire", a expliqué à l'AFP M. Benalia-Brouch, ajoutant: "si les propos avaient été racistes j'aurais réagi parce que mon intégrité aurait été attaquée".

"La réalité, c'est qu'il y a eu des blagues sur mes origines auvergnates (...) Et j'ai indiqué que quelques photos, ça allait et que je ne pouvais pas en faire plus car il fallait que je reparte. Ca se limite à ça", a dit M. Hortefeux, dans la soirée à Saint-Ouen, devant quelques journalistes.

Sur TF1, François Fillon est venu à son secours en dénonçant "une campagne de dénigrement assez scandaleuse".

Car à gauche et dans les associations anti-racistes, plusieurs responsables sont montés au créneau contre le ministre.

"La question n'est même pas de savoir s'il faut ou pas qu'il démissionne du gouvernement, mais que fait-il encore au gouvernement à cette heure-ci?", s'est emporté Benoît Hamon (PS) alors que la première secrétaire Martine Aubry s'est dite "choquée et consternée".

"Atterrée" par la réaction de M. Fillon, Najat Belkacem, proche de Ségolène Royal, a dit sur BFMTV attendre "au moins des excuses publiques" de M. Hortefeux.

"Aujourd'hui la dignité du pouvoir en place s'ébroue encore un peu plus dans le caniveau de sa pensée lepéniste. On sait dorénavant ce que M. Hortefeux a dans le ventre. Et ça ne sent pas bon", ont réagi les Verts.

"Il vaudrait mieux changer de poste, c'est clair", a estimé Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche). Olivier Besancenot (NPA) - qui a aussi demandé la démission du ministre - a dénoncé un "relent incontrôlé d'une des blagues préférées qui circulent dans les couloirs de son ancien ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale".

"Polémique honteuse qui prouve que la gauche est prête à tout pour nous nuire", s'est insurgé auprès de l'AFP Xavier Bertrand (UMP).

Le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap) a accueilli "avec stupeur mais sans surprise" ces propos qualifiés de "racistes". L'Union des étudiants juifs de France (UEJF) s'est déclarée "choquée" et SOS Racisme a fait part d'un "profond malaise".

Pour la Ligue des droits de l'Homme (LDH), Jean-Pierre Dubois s'est demandé "comment un ministre (pouvait) tenir ces propos après avoir sanctionné un préfet (Paul Girot de Langlade, ndlr) il y a quelques jours pour les mêmes raisons". Le Conseil représentatif des associations noires de France (Cran) "choqué" a réclamé des "explications" de M. Hortefeux.

Sautant sur l'occasion, le préfet Girot de Langlade, mis à la retraite d'office mercredi pour des propos présumés racistes, s'est exclamé : "je me dis que le plus raciste des deux, ce n'est pas moi".

A 22H30, plus de 345.000 internautes avaient visionné cette vidéo jeudi sur le site Dailymotion.
 

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