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De l'imbroglio financier au scandale politique

Véritable imbroglio financier, le scandale Clearstream, dont le procès s'ouvre lundi à Paris, s'est progressivement mué en affaire d'État. Retour sur les rumeurs et les rebondissements qui ont jalonné huit années de procédures judiciaires.

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Le scandale industrialo-financier - Clearstream 1

2001

Février - Parution du livre "Révélations$" co-signé par le journaliste français Denis Robert et l’ancien dirigeant de l’organisme financier Clearstream, Ernest Backes. Leur thèse : la société Clearstream, basée au Luxembourg, abrite des comptes bancaires occultes qui permettent des transferts internationaux illégaux.

Mai  - La justice luxembourgeoise ouvre une information judiciaire sur Clearstream pour blanchiment d'argent et escroquerie fiscale.

Juin - Ouverture d'une information judiciaire en France sur la vente de six frégates à Taïwan en 1991. Un contrat qui aurait donné lieu au versement de commissions occultes sur des comptes de la société Clearstream.

2002

Janvier - Denis Robert, qui possède depuis octobre 2001 de nouveaux listings de personnes possédant des comptes chez Clearstream, sort le livre "La Boîte noire", un complément d'enquête à son premier essai consacré à la société luxembourgeoise.

2004

Novembre -  La justice luxembourgeoise prononce un non-lieu dans l’affaire Clearstream.

2008

Septembre - La cour d’appel de Paris met en délibéré sa décision dans les quatre affaires de diffamation qui opposent Denis Robert et la société Clearstream depuis 2001.

Octobre - Le juge français en charge de l’enquête sur les frégates de Taïwan, Renaud Van Ruymbeke, est contraint de rendre une ordonnance de non-lieu, après s’être heurté à plusieurs reprises au secret-défense.

  

L’affaire politique - Clearstream 2

2004

Janvier - Le ministre français des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, convoque le général Philippe Rondot. Selon le militaire, le futur Premier ministre lui demande d’enquêter sur des listings qui recensent des personnalités ayant ouvert des comptes en banque chez Clearstream. Philippe Rondot affirme que ces listings lui ont été remis par Jean-Louis Gergorin, un dirigeant d’EADS, en présence de Dominique de Villepin. Les notes prises par le général indiquent par ailleurs qu’il a clairement été question du ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy lors de cet entretien, ce qu’a toujours démenti Dominique de Villepin. Le général enquête ensuite sur ces listings et conclut rapidement qu'il s'agit de faux.

Mai – Juin - Un corbeau envoie au juge Renaud Van Ruymbeke des lettres anonymes et un CD contenant les numéros de comptes en banque de Clearstream prétendument ouverts par des personnalités. Sur ce listing figurent notamment Nicolas Sarkozy, Dominique Strauss-Kahn, le vice-président d’Airbus, Philippe Delmas, ainsi que d’autres personnalités de premier plan.

Septembre - Ouverture d’une information judiciaire pour "dénonciation calomnieuse", à la suite d'un dépôt de plainte de Philippe Delmas, qui souhaite identifier le corbeau.

2005

Novembre - Le juge Van Ruymbeke reçoit les conclusions d’une commission rogatoire sur des comptes supposés, notamment ceux attribués à Nicolas Sarkozy, qui indiquent clairement que le listing est un faux et qu’il s’agit d’une tentative de manipulation.

2006

Janvier - Nicolas Sarkozy se constitue partie civile. Une information judiciaire est alors confiée aux juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons pour dénonciation calomnieuse.

Mai - Jean-Louis Gergorin reconnaît être le corbeau qui a envoyé des lettres anonymes au juge Van Ruymbeke. Il déclare qu’il s’est procuré les faux listings auprès d’un informaticien d’EADS, Imad Lahoud.

Juin - Mise en examen de Jean-Louis Gergorin puis d’Imad Lahoud pour "dénonciation calomnieuse" et "usage de faux".

Décembre - Le journaliste Denis Robert et un employé d’une société d’audit, Florian Bourges, qui ont eux aussi été en possession des listings, sont mis en examen pour "recel de vol et abus de confiance".

2007

Juin - Le général Rondot affirme aux juges que lors de son entretien de janvier 2004 avec Dominique de Villepin, celui-ci lui a indiqué agir sur "instructions" du chef de l’Etat, Jacques Chirac. Celui-ci refuse de répondre à la sollicitation des juges qui veulent l'auditionner comme témoin, quelques jours après la fin de son mandat présidentiel.

Juillet - Après des perquisitions à son domicile et à son bureau, Dominique de Villepin est mis en examen pour "complicité de dénonciation calomnieuse et d'usage de faux, recel d'abus de confiance et de vol".

2008

Novembre - Soupçonné par les juges d’Huy et Pons d’avoir pris part à une machination visant à déstabiliser Nicolas Sarkozy, Dominique de Villepin est renvoyé en correctionnelle. Sont aussi renvoyés devant le tribunal Jean-Louis Gergorin, Imad Lahoud, Denis Robert et Florian Bourges.

2009

21 septembre - Début du procès Clearstream pour les cinq prévenus.

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