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MUSIQUE

Lenny Kravitz et Keziah Jones chantent pour la paix

Texte par : Lorena GALLIOT
5 mn

En 1999, le réalisateur britannique Jeremy Gilley lançait un projet fou : créer une journée internationale du cessez-le-feu pour favoriser la paix. Samedi, plusieurs artistes ont chanté, à Paris, lors d’un concert de soutien à l'initiative.

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Et s’il y avait une journée où tous les belligérants des différents conflits mondiaux baissaient leurs armes d’un commun accord, une journée de paix absolue à travers le monde ? "On ne saura pas si cela peut marcher tant qu’on n’aura pas essayé", affirme à FRANCE 24 le chanteur de funk nigérian Keziah Jones. "Ce n'est peut-être qu'une utopie, mais les utopies sont nécessaires. Ce sont elles qui créent l’espoir", ajoute la Française Olivia Ruiz.

Lenny Kravitz, Keziah Jones, Charlie Winston, Olivia Ruiz, Ayo, Saul Williams… Tous ces grands noms de la musique mondiale étaient réunis sur la scène mythique du Grand Rex, à Paris, samedi, pour soutenir ce projet un peu fou. Le public, debout pour acclamer la chanteuse Ayo quand celle-ci l’interpelle - "Qu’est ce qu’une journée de la paix sans danser ?" -, fait carrément trembler les murs à l’arrivée de l’icône rock Lenny Kravitz.

À l'origine de ce projet baptisé "Peace One Day" se trouve le réalisateur britannique Jeremy Gilley. C'est lui qui en a créé le concept, que le chanteur britannique Charlie Winston résume à sa façon : "Cette journée permet de mener à bien des tas de petites initiatives individuelles pour la paix. Des milliers, puis des millions d’actions, cela peut changer le monde !"

Une date : le 21 septembre
Sur la scène du Grand Rex, l’ambassadrice de l’association Peace One Day, Elsa Zylberstein, revient sur la genèse du projet : en 1999, Jeremy Gilley décide de faire campagne pour la création d'une journée mondiale de trêve dans tous les conflits armés, et relate ses efforts dans un documentaire, The Day After Peace, primé, notamment, au festival Cinéma Vérité, à Paris, en 2008 et au festival Cinema for Peace, à Berlin, en 2009. Le message de son film est clair : si d’autres partagent son rêve, des millions de vies pourront être sauvées grâce à la Journée de la paix. Si non, cela en dit long sur la nature humaine.

Gilley connaît son premier succès en 2001 : l’Assemblée générale des Nations unies adopte alors à l’unanimité une résolution déclarant le 21 septembre Journée mondiale de la paix, une initiative soutenue par des personnalités telles que le dalaï-lama ou le secrétaire général de l'ONU de l'époque, Kofi Annan.

YouTube et Hollywood

Pour diffuser son message, Jeremy Gilley compte sur l’attraction des médias pour les stars qui le soutiennent, mais fait également bon usage des nouvelles technologies de communication. "La visibilité du projet a explosé grâce à la diffusion d’extraits du film sur YouTube et sur les réseaux sociaux comme Facebook et Twitter", explique l'intéressé. Peace One Day et YouTube ont ainsi lancé un concours vidéo conjoint pour la paix : les gens doivent poster avant le 30 septembre 2009 les films des actions pour la paix qu'ils ont réalisés, le 21 septembre.

Interrogé sur la présence d’un tel parterre de stars à ses côtés, le réalisateur sourit. "Leur participation est fondamentale. Sans eux, rien de tout cela n'existerait !", confie-t-il en désignant les flashs qui crépitent et les micros qui s’agitent à chaque fois qu'une célébrité fait son apparition dans la salle de presse du Grand Rex.

Des actions concrètes

Depuis le 21 septembre 2008, les efforts médiatiques de Jeremy Gilley semblent enfin porter leurs fruits. En Afghanistan, un accord signé entre les Taliban et l’armée afghane a alors permis à des ONG médicales de lancer de vastes campagnes de vaccination dans des zones auxquelles elles n’avaient pas accès jusqu'alors. "Le 21 septembre dernier en Afghanistan, l’ONU a enregistré une baisse de la violence de l'ordre de 70 %. Par conséquent, des équipes médicales ont pu se rendre dans des zones très dangereuses sans crainte d’être enlevées ou prises pour cible. Au total, plus de trois millions d’enfants ont été vaccinés", poursuit Gilley.

Chiffres à l’appui, celui-ci martèle toujours le même message : "Cette journée fonctionne. Les cyniques qui affirment qu'il s'agit d'une utopie irréalisable oublient qu’un vaccin peut sauver une vie." La Journée de la paix 2009 s'annonce toutefois moins positive. L’ambassadeur de Peace One Day en Afghanistan concède ainsi, à demi-mots, que les troubles électoraux dans son pays empêcheront d'y mener des actions similaires cette année.

L’espoir de Gilley réside dans le fait que "la Journée de la paix devienne une évidence pour les générations futures, qu’elle puisse exister sans battage médiatique”.

Pour l’association, l'objectif est de faire en sorte que trois milliards de personnes dans le monde connaissent l'existence de cette journée, en septembre 2012.

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