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Ouverture lundi du très attendu procès Clearstream

Le procès de l'affaire Clearstream, qui oppose notamment l'ex-Premier ministre Dominique de Villepin, accusé, entre autre, de dénonciation calomnieuse, au président de la République, Nicolas Sarkozy, s'ouvre lundi à Paris.

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AFP - Un ancien Premier ministre sur le banc des prévenus face à un chef de l'Etat partie civile: le procès Clearstream, affaire de manipulation hors normes, s'ouvre lundi devant le tribunal de Paris, qui jugera durant un mois cette rocambolesque saga couronnée par un duel politique.

  
Aux côtés de Dominique de Villepin, aujourd'hui isolé politiquement, comparaîtront l'ancien vice-président d'EADS Jean-Louis Gergorin, l'ancien trader devenu agrégé de mathématiques Imad Lahoud, l'ex-auditeur Florian Bourges et le journaliste Denis Robert dans ce dossier de dénonciation calomnieuse.

Tandis que Bourges et Robert sont poursuivis pour avoir fourni à Lahoud des listings comptables de la chambre de compensation luxembourgeoise Clearstream, Lahoud et Gergorin sont soupçonnés d'avoir falsifié ces fichiers.

On les accuse d'y avoir ajouté plusieurs centaines de noms d'industriels et de politiques, dont celui de Nicolas Sarkozy, afin de faire croire à la justice qu'ils détenaient des comptes occultes, éventuellement dépositaires de rétro-commissions lors de la vente de frégates à Taïwan en 1991.

Selon l'accusation, ce serait Dominique de Villepin qui aurait demandé à Gergorin d'alerter le juge Renaud van Ruymbeke sur les listings alors qu'il les savait faux, ce qu'il nie.

Pas moins d'une quarantaine de parties civiles réclameront leur condamnation. Avec en tête Nicolas Sarkozy, représenté par son avocat, mais aussi l'ancien ministre Jean-Pierre Chevènement, le président du CSA Dominique Baudis, le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux, le sénateur des Hauts-de-Seine Charles Pasqua ou le président du FMI Dominique Strauss-Kahn.

Alors que d'autres parties civiles pourraient se déclarer lundi à l'audience, comme l'homme d'affaires franco-russe Arcadi Gaydamak, les avocats de M. de Villepin contesteront la présence de Nicolas Sarkozy, dont la constitution de partie civile rompt selon eux le principe du procès équitable.

Autre singularité: c'est le procureur de la République lui-même qui soutiendra l'accusation. Fait rarissime, Jean-Claude Marin s'est exprimé sur le dossier dans les médias à trois semaines du procès, déclarant que Dominique de Villepin était "un des bénéficiaires collatéraux, mais parfaitement conscient" de la manipulation.

Une posture qui a déclenché la colère de l'ancien diplomate, le parquet ayant jugé un temps, avant de se raviser, qu'il n'existait pas de charges suffisantes pour le renvoyer en correctionnelle.

Le casting sera tout aussi exceptionnel du côté des témoins avec notamment le juge van Ruymbeke, l'ancien directeur des RG Yves Bertrand, l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, l'ancien directeur de la DST Pierre Bousquet de Florian, mais surtout le général Philippe Rondot, l'un des premiers à avoir douté de la fiabilité des listings. Saisis au cours de l'enquête, ses carnets sont au centre de la procédure.

Enfin, une cinquantaine d'avocats, dont les plus renommés de la place de Paris, devraient ferrailler jusqu'à tard le soir dans cette même salle d'audience où, le 16 octobre 1793, le tribunal révolutionnaire condamna Marie-Antoinette.

Pour arbitrer ce combat et démêler l'écheveau des manipulations: un magistrat discret aux yeux clairs, le président de la 11e chambre correctionnelle, Dominique Pauthe.

Dans sa balance, l'avenir politique de Dominique de Villepin, qui il y a encore quelques jours brocardait "l'acharnement" de Nicolas Sarkozy à son encontre.

Pour les faits de dénonciation calomnieuse, Villepin, Gergorin et Lahoud encourent jusqu'à 5 ans de prison et 45.000 euros d'amende.

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