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À la barre, Bourges et Robert racontent la genèse de l'affaire

"J'ai été assez naïf, voire même stupide", a déclaré Florian Bourges au deuxième jour du procès Clearstream. L'ex-auditeur stagiaire d'Arthur Andersen dit avoir été "manipulé" par Imad Lahoud à qui il avait fourni des listings bancaires.

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AFP - Au deuxième jour du procès Clearstream, l'ex-auditeur stagiaire d'Arthur Andersen, Florian Bourges, a dit avoir été "manipulé" par Imad Lahoud, à qui il a fourni en septembre 2003 des listings bancaires provenant de Clearstream, listings qui ont ensuite été dénaturés.

Jugée jusqu'au 23 octobre à Paris, l'affaire Clearstream est une vaste histoire de manipulation, dans laquelle des listings bancaires ont été falsifiés et transmis au juge Renaud van Ruymbeke afin de faire accroire que certaines personnalités, dont Nicolas Sarkozy, détenaient des comptes occultes.

Face à Imad Lahoud, "j'ai été assez naïf, voire même stupide", a concédé mardi Florian Bourges devant la 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris.

"J'ai été manipulé, mais je n'avais pas de raison de me méfier", a confié celui qui, après avoir remis des listings Clearstream au journaliste Denis Robert, s'est fait présenter à Imad Lahoud.

"Il m'a dit qu'il travaillait pour la DGSE" et faisait "une recherche de financement d'al-Qaïda" dont les fonds étaient censés passer par Clearstream.

Convaincu de répondre à une demande des services d'espionnage français, le jeune stagiaire, alors âgé de 23 ans, autorise le mathématicien à copier sur une clé USB toute une série de fichiers clients et de fichiers de transaction.

Ce sont ces même documents, copiés au bistrot d'Edouard à Courbevoie (Hauts-de-Seine), qui atterriront quelques mois plus tard sur le bureau du juge Renaud van Ruymbeke, quelques kilomètres plus loin. Entre-temps, ils auront été falsifiés et des noms de personnalités, dont celui de Nicolas Sarkozy, auront été ajoutés.

 


Ironie du sort, c'est Florian Bourges lui-même qui sera mandaté par le juge van Ruymbeke pour expertiser les faux listings à l'été 2004! C'est seulement lors de leur troisième rencontre, en octobre 2004, que l'auditeur reconnaîtra avec stupeur les fichiers qu'il avait extraits chez Clearstream, lors de sa mission d'audit de l'été 2001.

"C'est un faux", dit-il alors au juge. "Je pensais que l'affaire se serait arrêtée là", mais "ce fut un déchaînement médiatique..."

Durant les trois mois où Florian Bourges a travaillé chez Clearstream, extrayant certaines données des ordinateurs afin qu'elles soient expertisées par des spécialistes d'Arthur Andersen, il dit avoir "constaté des dysfonctionnements informatiques". Raison pour laquelle il contacte Denis Robert, auteur de livres qui font polémique sur le sujet.

Entre "comptes qui n'existaient pas" et transactions antidatées, l'ancien auditeur est encore aujourd'hui convaincu qu'il y avait des "manipulations au sein de Clearstream" mais... "à l'insu de Clearstream". Une nouvelle révélation que le jeune homme n'explicitera pas plus avant.

"Il avait 23 ans, il était plein d'idéal. Et c'est alors qu'il rencontre quelqu'un qui lutte contre la corruption et un agent de la DGSE. En aucun cas, il n'imagine ce qui va arriver après", le défend son avocat, Me Maurice Lantourne, en marge de l'audience.

"Il a été atteint par une balle perdue", regrette-t-il.

Vers 16H30, le tribunal commençait l'interrogatoire du journaliste enquêteur Denis Robert. MM. Bourges et Robert sont poursuivis pour avoir volé et recelé les listings Clearstream, qui ont ensuite été falsifiés.

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