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Fureur des avocats de Villepin après les propos de Sarkozy

En affirmant que les "coupables" étaient devant le tribunal, Nicolas Sarkozy a provoqué la fureur des avocats de l'ex-Premier ministre, principale personnalité poursuivie dans le procès Clearstream.

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AFP - Le président Nicolas Sarkozy a provoqué la fureur des avocats de l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, principale personnalité poursuivie dans le procès Clearstream, en parlant mercredi soir de "coupables" à propos des prévenus de cette affaire.

"Au bout de deux ans d'enquête, deux juges indépendants ont estimé que les coupables devaient être traduits devant un tribunal correctionnel", a-t-il lâché sur TF1 et France 2, faisant fi du principe de la présomption d'innocence dont bénéficient des mis en examens tant qu'ils n'ont pas été définitivement jugés.

Devant le tribunal correctionnel de Paris, où les débats se poursuivaient mercredi dans la soirée, deux des avocats de l'ancien chef de gouvernement ont réagi illico, demandant la parole pour dénoncer des propos "scandaleux".

"M. Sarkozy affirmait de New York, devant toute la France, que M. de Villepin était coupable, car il était traduit devant un tribunal", a tonné Me Olivier Metzner.

"C'est cela le respect de votre tribunal, de votre parquet? C'est cela le spectacle que le président donne à la France de notre justice?", a-t-il lancé.

"C'est une atteinte scandaleuse aux principes fondamentaux", a appuyé son confrère, Me Henri Leclerc.

Même réprobation du député PS Pierre Moscovici qui a jugé "extrêmement choquant" l'emploi du mot "coupables" par le chef de l'Etat. "C'est son inconscient qui a parlé", a-t-il analysé.

Le chef de l'Etat, garant de l'indépendance de la justice, avait déjà été au centre d'une polémique du même type en qualifiant d'"assassin" le tueur présumé du préfet Erignac, Yvan Colonna, avant son procès.

Nicolas Sarkozy - avocat de formation - a fait l'objet d'une procédure judiciaire de l'intéressé mais la justice a estimé qu'elle ne pouvait se prononcer tant qu'il était président de la République.

Et tandis que sa constitution de partie civile a été au centre des débats à l'ouverture du procès Clearstream, Nicolas Sarkozy a clairement laissé entendre qu'il n'entendait pas se désister.

"Quand bien même d'ailleurs je la retirerais, le procès aurait lieu. Que la justice fasse son travail sereinement, elle est en train de le faire et je lui fais toute confiance", a-t-il dit.

"Je ne suis pas un homme qui ment. Je ne suis pas un homme qui renonce et je ne suis pas un homme qui plaisante avec les principes d'honneur et de probité", a lancé le chef de l'Etat.

"J'ajoute que quand j'ai déposé cette plainte et qu'on a voulu me mettre dans le scandale, je n'étais pas président de la République", a-t-il précisé.

L'affaire Clearstream est une vaste histoire de manipulation, dans laquelle des listings bancaires ont été falsifiés et transmis à la justice afin de faire croire que certaines personnalités, dont Nicolas Sarkozy, alors ministre, détenaient des comptes occultes.

Cinq prévenus, dont M. de Villepin, comparaissent depuis lundi devant le tribunal correctionnel de Paris.

Au premier jour du procès, l'ancien Premier ministre et rival de M. Sarkozy avait attaqué bille en tête le président, parlant d'"acharnement" et d'"abus de pouvoir" de sa part.

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