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Villepin contre-attaque après les propos de Sarkozy

L'ex-Premier ministre Dominique de Villepin va assigner Nicolas Sarkozy pour non-respect de la présomption d'innocence, selon la défense du procès Clearstream. Mercredi, le président français a qualifié les prévenus de "coupables".

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AFP - Dominique de Villepin s'est emparé jeudi du très décrié propos de Nicolas Sarkozy parlant de "coupables" dans le procès Clearstream, pour tenter de reprendre la main en engageant une riposte judiciaire pour atteinte à la présomption d'innocence.

 

"Au bout de deux ans d'enquête, deux juges indépendants ont estimé que les coupables devaient être traduits devant un tribunal correctionnel", avait lâché mercredi soir Nicolas Sarkozy, à propos de cette affaire de dénonciation calomnieuse dans laquelle il est partie civile.

 

Un terme dans lequel des opposants au chef de l'Etat ont vu un "lapsus" traduisant un mépris du principe de la présomption d'innocence qui impose de parler de "prévenus" jusqu'à un jugement définitif.

 

Cinq personnes, dont l'ancien Premier ministre et grand rival de M. Sarkozy, comparaissent depuis lundi à Paris dans ce vaste dossier de falsification de listings bancaires destinée à faire croire que des personnalités, dont M. Sarkozy, détenaient des comptes occultes.

 

Les avocats de M. de Villepin ont prestement réagi: déclaration le soir-même à l'audience, suivie jeudi matin de l'annonce d'une assignation du président de la République.

 

Cette procédure civile devrait être formellement engagée vendredi à Paris, a précisé l'un des défenseurs de l'ex-chef de gouvernement, Me Olivier Metzner.

 

Cependant, en raison de l'immunité dont bénéficie le chef de l'Etat, cette assignation pourrait n'être examinée qu'à la fin de son mandat.

 

Ce rebondissement illustre le tour extrêmement personnel qu'a pris le procès. Dès son ouverture, M. de Villepin avait dénoncé devant la presse un "acharnement" présidentiel à son égard.

 

M. Sarkozy avait déjà été poursuivi pour atteinte à la présomption d'innocence par Yvan Colonna, qu'il avait qualifié d'"assassin du préfet Erignac" avant son procès. Début juillet, le TGI de Paris a estimé qu'il ne pouvait se prononcer tant qu'il était président de la République.

 

Dans ce dossier, les avocats de M. de Villepin contestent la constitution de partie civile de M. Sarkozy, arguant d'une atteinte au principe d'égalité des armes.

 

L'opposition a analysé la sortie du chef de l'Etat comme un révélateur d'une "affaire d'Etat UMP qui entraîne des haines considérables" (Martine Aubry, PS), ou de "l'ambiguïté de la position de Nicolas Sarkozy", "partie civile et supérieur hiérarchique du parquet" (François Bayrou, MoDem).

 

Lapsus d'autant plus "fâcheux" que "Nicolas Sarkozy est avocat de profession" et "doit donc avoir le sens des mots", selon l'ex-numéro un PS, François Hollande.

 

Mais pour les députés villepinistes présents aux journées parlementaires de l'UMP au Touquet (Pas-de-Calais), Nicolas Sarkozy avait parfaitement conscience de la portée de ses mots: il "a une maîtrise hors du commun du verbe, et je ne pense pas qu'il puisse s'égarer aussi facilement", s'est indigné le député Jean-Pierre Grand.

 

"J'espère que le président de la République va revenir là-dessus. C'est incompatible avec sa fonction", a estimé Marie-Anne Montchamp, ex-secrétaire d'Etat de Jacques Chirac.

 

La garde rapprochée de Nicolas Sarkozy a avancé en soutien des arguments plus ou moins hasardeux: "les coupables sont toujours parmi les prévenus", a risqué le porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre.

 

Le ministre de l'Immigration Eric Besson a jugé "extraordinaire" qu'"un suspect accuse la victime", en allusion à la déclaration de Dominique de Villepin lundi.

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