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90 jours après la chute de Manuel Zelaya, ses partisans manifestent

Au lendemain de l'appel du président déchu du Honduras à poursuivre la "résistance", ses partisans ont manifesté, samedi, dans les rues de Tegucigalpa, à l'occasion du 90e jour de son renversement.

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AFP - Les partisans du président déchu du Honduras Manuel Zelaya ont longuement manifesté samedi pour marquer les 90 jours de son renversement, alors que la communauté internationale continuait à dénoncer le "siège" imposé à l'ambassade du Brésil où il s'est réfugié.

"Pour le jour 90, il y aura une énorme manifestation de notre peuple, le peuple ne se rend pas. Nous allons mener des actions de mobilisation dans les quartiers et dans la rue", a promis Rafael Alegria, l'un des dirigeants du Front de résistance contre le coup d'Etat du 28 juin.

Plusieurs milliers de "résistants" ont atteint vers 12h30 (18h30 GMT), les environs de l'ambassade du Brésil, criant "Mel (surnom de Manuel Zelaya, ndlr), ami, le peuple est avec toi!".

Un peu plus tard des centaines de voitures ont formé une caravane passant et repassant devant une des rues menant à l'ambassade, klaxonnant sans fin et agitant des drapeaux rouges et blanc symboliques du mouvement.

"Nous voulons Mel, nous voulons Mel, à bas la dictature", criaient certains, dont une des filles du président, Xiomara Zelaya.

"La situation politique a évolué ces derniers jours, avec la présence du président le mouvement s'est renforcé", a assuré à l'AFP un des dirigeants du mouvement, Juan Barahona.

Manuel Zelaya, arrivé au pouvoir en janvier 2006, a été renversé puis expulsé du pays lors d'un coup d'Etat qui a porté au pouvoir, le 28 juin, l'ex-président du Congrès Roberto Micheletti.

Après deux tentatives infructueuses de retour en juillet, il a réussi à rentrer clandestinement lundi, et s'est réfugié à l'ambassade du Brésil, désormais encerclée par des centaines de militaires et policiers.

Le chargé d'affaires brésilien Francisco Catunda a quitté samedi les locaux de l'ambassade, scandalisé par l'attitude des forces de l'ordre honduriennes, qui "assiègent" selon lui le bâtiment.

"Si vous saviez la quantité de papiers, de choses, de vérifications, de négociations que j'ai dû faire pour que l'on m'autorise moi, le chargé d'affaires du Brésil, à sortir", a-t-il ajouté.

La présidente argentine Cristina Kirchner a abondé dans son sens.

"Ni lors de la dictature de (Jorge) Varela en Argentine ni pendant celle (d'Augusto) Pinochet au Chili on a pu observer une agression comparable à celle infligée à l'ambassade du Brésil", a-t-elle déclaré à la presse en marge du sommet Amérique du sud - Afrique organisé à l'île Margarita (Venezuela).

Vendredi, à New York, le Conseil de sécurité avait condamné les "actes d'intimidation commis contre l'ambassade".

"Les membres du Conseil ont (...) appelé le gouvernement de facto du Honduras à cesser de harceler cette ambassade et à lui fournir tous les services nécessaires, y compris eau, électricité, nourriture et maintien des réseaux de communication", avait déclaré l'ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU, Susan Rice, au nom du Conseil qu'elle préside en septembre.

Les pays européens ont pour leur part annoncé que les ambassadeurs de France, d'Espagne, d'Italie et d'Allemagne --rappelés lors du renversement de M. Zelaya-- seraient renvoyés au Honduras, pour faciliter une solution à la crise.

Ils ont cependant précisé que ce retour ne signifiait pas "une reconnaissance du gouvernement de facto".

Samedi matin l'armée a annoncé à la presse qu'elle serait désormais acceptée dans un périmètre d'où l'ambassade est visible afin d'éviter des spéculations sur "le respect des droits de l'homme" des quelque 80 personnes retranchées dans le bâtiment. Mais dans l'après-midi, cet accès à une nouvelle fois été fermé, sans explication.
 

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