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Villepin dit n'avoir jamais eu les faux listings entre les mains

Villepin, qui s'est exprimé pour la première fois devant la cour sur les faits, nie avoir eu connaissance de l'existence des faux listings de l'affaire Clearstream. De leurs côtés, Gergorin et Lahoud continuent de s'accuser mutuellement.

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REUTERS - La confusion s'est accrue au procès Clearstream mardi, avec des positions contradictoires des principaux acteurs de cette affaire qui met face à face Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy.

Au cinquième jour du procès, Jean-Louis Gergorin, ancien vice-président d'EADS, a dit avoir été l'instrument de la manipulation qui a vu de faux listings de comptes bancaires en 2004 atterrir sur le bureau du magistrat Renaud Van Ruymbeke.

Ces listes, qui imputaient la détention d'argent sale à des centaines de personnalités, dont Nicolas Sarkozy - aujourd'hui partie civile - ont été falsifiés par son co-prévenu Imad Lahoud, son ex-subordonné à EADS, a expliqué le prévenu.

Ce polytechnicien a toutefois ajouté avoir agi de bonne foi, ce qui était aussi le cas selon lui de l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, rival du président français à droite.


Mais Imad Lahoud a soutenu le contraire, rejetant toute la responsabilité sur Jean-Louis Gergorin et expliquant que l'affaire avait été montée pour nuire à Nicolas Sarkozy.

L'interrogatoire de Dominique de Villepin est programmé mercredi. Interrogé de manière isolée sur un point de détail, il a saisi l'occasion pour affirmer à la barre son innocence.

"Je n'ai jamais eu connaissance de ces listings et je ne les ai jamais eus entre les mains", a-t-il dit.

Jean-Louis Gergorin a passé l'après-midi à la barre et s'est présenté comme une victime de la manipulation.

"J'y ai cru, j'étais dans un coupure du réel, mais j'y ai cru (...) Je me suis trouvé embarqué dans cette affaire par crédulité, par un concours de circonstances", a-t-il dit.

"Je suis convaincu, je le redis, de la totale bonne foi de M. de Villepin. Il croyait à la crédibilité des informations", a-t-il ajouté à la barre.

LAHOUD ACCUSE

Jean-Louis Gergorin a justifié le fait d'avoir tenu secret le rôle de l'ex-Premier ministre durant toute l'instruction en 2006-2007, jusqu'à ce que des éléments matériels le révèlent.

"Je ne voulais pas provoquer une crise politique en le mettant en cause", a-t-il expliqué.

Il est reproché à l'ancien Premier ministre d'avoir laissé faire la manipulation selon le parquet, voire d'en avoir été l'instigateur, selon les conclusions des juges d'instruction.


Dominique de Villepin a été informé par Jean-Louis Gergorin de l'existence des listings en janvier 2004, quand il était ministre des Affaires étrangères, et a commandé une enquête de renseignement.
Il nie cependant avoir visé Nicolas Sarkozy et assure qu'il s'agissait d'examiner le problème général des listings.

Imad Lahoud a compliqué de son côté l'affaire en niant totalement être l'auteur des faux et en assurant que l'opération visait bien Nicolas Sarkozy.

Après de multiples autres versions à l'instruction, il a expliqué la semaine dernière avoir placé les patronymes hongrois de Nicolas Sarkozy, Nagy et Bocsa, sur les listes, sur ordre de Jean-Louis Gergorin.

La semaine dernière, il avait expliqué pour la première fois avoir rencontré en 2005 Dominique de Villepin, qui l'aurait dissuadé de dévoiler la manipulation. Mais ce dernier a rétorqué qu'il ne le connaissait pas.

Imad Lahoud a aussi accusé mardi Jean-Louis Gergorin de lui avoir ordonné de détruire des documents informatiques juste avant une perquisition de police dont il avait été prévenu, en 2006.
 

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