Accéder au contenu principal
FRANCE - MAROC

Interpol diffuse quatre mandats d'arrêt dans l'affaire Ben Barka

Texte par : Dépêche
3 min

Interpol a diffusé quatre mandats d'arrêt internationaux émis par la France contre des personnalités marocaines dans le cadre de l'enquête sur la disparition de l'opposant marocain Mehdi Ben Barka, à Paris, en 1965.

Publicité

AFP - Quatre mandats d'arrêts internationaux émis par la France et visant notamment le chef de la gendarmerie marocaine pour la disparition de l'opposant marocain Mehdi Ben Barka en 1965 à Paris, ont été diffusés par Interpol après accord du ministère de la Justice.

Ces mandats, signés par le juge parisien Patrick Ramaël le 22 octobre 2007 au premier jour d'une visite d'Etat de Nicolas Sarkozy au Maroc, ont été notifiés ces derniers jours par Interpol, selon une source proche du dossier.

Leur diffusion, via le Bureau central d'Interpol en France, fait suite à un récent feu vert du ministère français de la Justice, selon cette source.

Ils visent le général Hosni Benslimane, chef de la gendarmerie royale marocaine, le général Abdelhak Kadiri, ancien patron de la Direction générale des Etudes et de la Documentation (DGED, renseignements militaires), Miloud Tounsi, alias Larbi Chtouki, un membre présumé du commando marocain auteur de l'enlèvement, et Abdlehak Achaachi, agent du Cab 1, une unité secrète des services marocains.

"Ces mandats avaient été diffusés à l'époque sur le territoire national mais avaient été bloqués au niveau européen et mondial", a expliqué à l'AFP l'avocat de la famille Ben Barka, Me Maurice Buttin.

Leur diffusion a lieu alors que le ministre français de l'Intérieur Brice Hortefeux est revenu mardi d'une visite de trois jours au Maroc, où il s'est notamment entretenu avec son homologue Chakib Benmoussa.

Ces mandats d'arrêt ont été relayés par Interpol au niveau international sous forme d'"avis de recherche internationaux à des fins d'extradition", communément appelés "red notices".

Leur conséquence immédiate est que les personnes visées risquent l'arrestation dès qu'elles quittent le territoire marocain.

Jeudi soir, le gouvernement marocain n'avait pas réagi officiellement à cette information.

"C'est une surprise mais aussi une ancienne histoire qui revient à la surface chaque fois qu'une 'partie occulte' veut salir les relations excellentes entre le Maroc et la France", a toutefois déclaré à l'AFP une source proche du ministère de la Justice ayant requis l'anonymat.

"Nous nous demandons qui est derrière cette annonce, qui ressemble à celle diffusée en 2007", a ajouté une autre source, également proche du ministère de la Justice.

L'Association marocaine des Droits humains (AMDH) a pour sa part immédiatement appelé les autorités marocaines "à communiquer les informations en leur possession pour faire toute la lumière" sur cette affaire.

Le juge Ramaël avait émis au total cinq mandats d'arrêt en octobre 2007, mais le cinquième, visant un autre membre de Cab 1, n'a pas été relayé au niveau international en raison d'un problème de vérification d'identité, a confié une source proche du dossier.

Leur émission en 2007, en pleine visite de Nicolas Sarkozy au Maroc, avait plongé la délégation française dans l'embarras. Le président français s'était retranché derrière le principe d'une justice "indépendante".

Elle visait, selon Me Buttin, avocat de la famille depuis 44 ans, à "réveiller les esprits endormis" sur une affaire qui "fait partie des relations entre la France et le Maroc".

Ben Barka, chef de file de l'opposition marocaine en exil et figure emblématique du tiers-mondisme, a disparu le 29 octobre 1965 devant la brasserie Lipp à Paris, lors d'une opération menée par les services marocains du roi Hassan II avec la complicité de policiers et de truands français.

Cette affaire n'a jamais été totalement élucidée malgré deux instructions judiciaires: le corps de Ben Barka n'a toujours pas été retrouvé et les conditions de sa mort n'ont pas été établies.

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.