FRANCE

Jean Sarkozy pressenti pour prendre la tête de l'Epad

Jean Sarkozy, 23 ans, a obtenu le soutien de la majorité (UMP et Nouveau Centre) des Hauts-de-Seine pour succéder à Patrick Devedjian à la tête de l'Epad, l'établissement public chargé d'aménager le quartier d'affaires de La Défense.

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AFP - A seulement 23 ans mais avec des ambitions décomplexées, le fils du chef de l'Etat Jean Sarkozy a obtenu jeudi le soutien de la majorité (UMP-NC) dans les Hauts-de-Seine pour prendre la tête de l'Epad, l'établissement public chargé d'aménager le quartier d'affaires de La Défense.

A la présidence de l'Epad, actuellement assurée par Patrick Devedjian, le jeune conseiller général UMP de Neuilly-sur-Seine aurait la main sur l'urbanisation du premier quartier d'affaires d'Europe, qui accueille 2.500 sièges sociaux et 150.000 salariés sur 3 millions de mètres carrés de bureaux.

Vitrine économique de la France, le secteur situé sur les communes de Puteaux et Courbevoie est d'autant plus stratégique qu'à l'heure du Grand Paris cher à Nicolas Sarkozy, il devrait rapidement s'étendre au-delà de ses frontières actuelles, via la fusion de l'Epad avec un autre établissement public, l'Epasa, qui chapeaute une partie de Nanterre.

"Ca nous paraît évident que ce soit Jean qui s'occupe de ça. C'est clairement lui qui incarne l'avenir du département", a déclaré à l'AFP le conseiller général UMP Thierry Solère, proche de Jean Sarkozy, parlant d'un "consensus absolu et intégral".

Mais pour une autre source au conseil général, qui veut rester anonyme, "c'est surtout une façon de prouver que le pouvoir est en train de changer de mains" au sein de l'assemblée départementale présidée par Patrick Devedjian.

Ce dernier, dont les relations avec Jean Sarkozy sont plutôt tendues, était parti mercredi à Dubaï dans le cadre de partenariats économiques et n'a donc pas assisté jeudi matin à la réunion du groupe UMP-NC au conseil général.

"Aux âmes bien nées la valeur n'attend point le nombre des années, c'est connu", a réagi le ministre de la Relance, interrogé par Europe 1 depuis les Emirats arabes unis.

Atteint par la limite d'âge de 65 ans, Patrick Devedjian devait passer la main à la tête de l'Epad. Mais selon plusieurs sources, il devrait garder l'un des deux postes de représentant du conseil général au sein de l'établissement public.

Pour permettre l'arrivée de Jean Sarkozy, c'est finalement Hervé Marseille (Nouveau Centre) qui a remis sa démission. Le fils du chef de l'Etat devrait lui succéder le 23 octobre, lors de la prochaine réunion du conseil général. Ensuite, il pourra briguer la présidence de l'Epad, lors du prochain conseil d'administration, le 4 décembre.

Si cette candidature semble avoir fait l'unanimité au sein de la droite, d'autres voix se sont élevées pour dénoncer le "manque de légitimité" de Jean Sarkozy, qui mène de front sa carrière politique et des études de droit.

Concerné au premier chef par l'extension de La Défense sur sa commune, le maire PCF de Nanterre, Patrick Jarry, estime qu'"au-delà des questions d'aménagement, il s'agit bel et bien d'assurer la pérennité du clan et de verrouiller les organes de décision de tout le secteur".

Plus ironique, un élu MoDem de Puteaux, Christophe Grébert, a lancé une pétition sur internet pour demander à Jean Sarkozy de renoncer, en l'invitant à "terminer" ses "études de droit et à faire quelques stages en entreprise".

Jean Sarkozy a répondu aux critiques qu'il avait, en tant que chef de file de la majorité départementale UMP, "eu à connaître de tous les dossiers". "Je demande à être jugé non pas sur l'état civil mais sur les actes et sur les résultats", a-t-il dit sur France Inter.

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