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Focus

L'Amérique qui ne digère toujours pas l'élection d’Obama

Par : Guillaume MEYER
3 mn

Depuis l’élection de Barack Obama, il y a un an, l’opposition se fait de plus en plus radicale. Notre correspondant s’est rendu dans la très rurale Virginie occidentale, à la recherche des racines du mouvement anti-Obama.

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Les invités de ce Focus sont Guillaume Meyer, correspondant de FRANCE 24 à Washington, et Michaël Kirtley, journaliste à "National Geographic" et "Africa International".

 

Aller aux sources du mouvement anti-Obama, cela veut dire tout d’abord s’éloigner des grandes villes pour plonger dans l’Amérique rurale. La Virginie occidentale est l’un des Etats les plus pauvres des Etats-Unis, au cœur de la région montagneuse des Appalaches.

Ron Lott est un ancien marine qui n'est pas peu fier de ses armes à feu : un petit revolver et une carabine de fabrication chinoise. Ron a fait la guerre du Vietnam. Ses copains aussi sont d’anciens militaires. Dans leur petite maison poussiéreuse, ils passent des heures à refaire le monde et, dans leur univers, Barack Obama n’est pas né aux Etats-Unis. Il n’aurait donc jamais dû être élu président. " C’est un nationaliste kenyan, il est né au Kenya ! Et, à mon avis, si on veut être président mais qu’on n’est pas capable de présenter son certificat de naissance c’est qu’on a quelque chose à cacher !" assure Ron.

Ron et ses amis n’ont pas digéré l’élection d’Obama. Ils sont aussi convaincus que le président est musulman et, pire peut-être à leurs yeux, il serait " socialiste" : " Regardez ce qu’il fait avec notre assurance santé ! Son programme c’est du socialisme, depuis le début !"

"A côté de la plaque"

Dans le centre-ville, quelques dizaines de militants démocrates ont été envoyés dans ce coin d’Amérique rurale pour expliquer et défendre les réformes menées par la Maison Blanche. Ils ne sont pas les bienvenus et la tâche est dure : dans cette région, Obama a fait un tout petit score en novembre dernier.

Ron et ses amis sont bien là pour saboter l’événement… Mais côté démocrate, on minimise la portée de ces protestations. "55 % des Américains veulent des réformes. Ces gens sont vraiment à côté de la plaque", explique Helen Harms, sympathisante d’Obama.

Faux, répond Tom Stark. Ce farouche opposant du président américain est convaincu que le vent est en train de tourner. Tellement convaincu qu’il a décidé de se lancer en politique. Le voici candidat pour un siège au Congrès en 2010. Alors que le mouvement ultra-conservateur a été accusé de racisme, ce nouveau venu en politique évite à tout prix les attaques personnelles. "Ma candidature n’a rien à voir avec sa religion ou sa couleur de peau. Je suis contre Obama parce qu’il veut que le gouvernement soit au centre de toutes les décisions, contre notre volonté".

Un an après son élection, Barack Obama reste relativement populaire dans le reste des États-Unis. Mais Tom Stark est persuadé que la grogne - minoritaire - est en fait le début d’une révolution conservatrice.

 

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