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Reporters

Yémen, la route de l’espoir

Tous les jours, des Somaliens et des Ethiopiens fuyant la guerre ou la misère débarquent sur les plages du Yémen : un exode massif quand la mer est calme. Certains marchent vers l’Arabie Saoudite voisine, d’autres tentent de refaire leur vie dans un des pays les plus pauvres au monde.

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Un matin de novembre, sur la côte sud du Yémen. En face, de l’autre côté du Golfe d’Aden, une des régions les plus tourmentées du monde : la corne de l’Afrique. La guerre civile en Somalie, la misère en Ethiopie. Ceux qui peuvent payer le passage vers le Yémen fuient. Pour une centaine de dollars, ils achètent une place à bord d’une barque de fortune, et risquent leur vie en mer. De l’autre côté, il faudra tout recommencer à zéro : travail, logement, nourriture. Ce sont eux que nous attendons ce matin. 

La mer est calme, c’est la saison haute pour les passeurs. Hier soir, nous avons entendu le moteur d’une barque qui longeait la côte. Pas de lumière, pas de bruit à bord : peut-être des passeurs qui s’approchaient sous couvert de la nuit.
 
Avec une association yéménite, au petit matin, nous sillonnons les plages en 4 x 4, à la recherche de Somaliens ou d’Ethiopiens arrivés pendant la nuit. Des "nouveaux arrivants" dans le langage des Nations Unies. Au bord d’une plage, un cimetière. 41 tombes. C’est le nombre de corps échoués dans cette zone depuis mai. Cinq fosses supplémentaires ont été creusées en prévision de ceux qui mourront dans les semaines à venir.
 
9 heures du matin, plusieurs dizaines de personnes sortent des buissons qui longent la plage. Des Somaliens, tous. Arrivés au Yémen hier soir. "On a failli mourir, raconte Dahaba, 40 ans. Au moment où on nous a jetés du bateau on était encore loin de la cote. Il y en a qui savaient nager, mais nous les autres on a failli se noyer".
 
Une quarantaine de Somaliens ont voyagé à bord de cette barque. Par chance, ils ont tous survécu à la traversée clandestine. Pourtant leur périple ne fait que commencer. Officiellement, le gouvernement yéménite les accueille, mais dans quelles conditions ? Peu de réfugiés parviendront à trouver un travail. Alors pour s’en sortir, beaucoup feront la manche. Les plus courageux marcheront jusqu’en  Arabie Saoudite, à 500 kilomètres de là. C’est l’odyssée de ces réfugiés que nous racontons dans ce numéro de Reporters.

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Les coulisses d'un tournage particulier, par Karim Hakiki :
 
Saber a imprimé une dizaine d’autorisations de passage. De précieux laissez-passer sans lesquelles il est impossible de se déplacer au Yémen. 

Dans le 4X4 qui nous mène vers le sud du pays, Saber (à gauche sur la photo, avec notre chauffeur), fouille dans sa sacoche.  Il sort une feuille du ministère des communications. En bas, il ajoute la date et la signature de son chef. Sans nous arrêter il  tend le document au militaire qui tient le check point sur la route. "Tamen" (c’est bon)  nous lance le soldat tout sourire laissant apparaitre une gencive imposante à laquelle il manque quelques molaires. D’un geste de la main nous le remercions : "Choukran".

Fier de lui, Saber se tourne vers nous : "Tant que vous êtes avec moi, vous n’aurez pas de problèmes". Sous-entendu : sans moi vous ne pourrez pas travailler. Saber, c’est notre " tuteur" yéménite. Notre minder. Notre guide.

Le jeune homme de 24 ans  nous été fortement conseillé par le ministère de la communication pour "faciliter" notre reportage au Yémen. Pas le choix, sinon pas de tournage. Le contrat n’est pas négociable.
 
Le plus compliqué au Yémen ce sont les déplacements. Notre G.O. (Gentil Organisateur) nous avait prévenu : "Vous ne pourrez pas sortir de Sanaa, c’est trop dangereux". D’ailleurs il a déjà tout arrangé pour notre tournage dans la capitale...
 
Nous  lui expliquons que nous avons besoin d’aller à la rencontre des Somaliens qui arrivent par milliers tous jours sur les côtes sud. Après une journée de négociation, il finit par accepter. Rendez-vous est fixé le lendemain à 6 heures.
 
Apres le premier check point, nous roulons une bonne heure mais soudain, nous devons nous arrêter. Saber nous explique qu’il en a pour cinq minutes... Et là nous comprenons vite en apercevant un pick up qui déborde de soldats yéménites, la peau tannée par le soleil du désert.  Les militaires sont heureux de nous voir. Ils vont nous escorter sur la route moyennant quelques rials et un repas.
 
Nous sommes très touchés par autant de sollicitude... Nous  n'en demandions pas tant...
 
C’est donc en équipe légère que nous sommes partis à la rencontre des réfugiés somaliens à Aden au sud du pays... Cornaqués par Saber et un pick up plein de militaires armés jusqu’aux dents. 
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