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Les plus grands procès de 2009

Douch, Madoff, Clearstream, Fritzl : l’année 2009 a été marquée par une série de procès ultra-médiatisés. Retour sur les affaires qui ont été les plus suivies.

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Bernard Madoff, "l’escroc du siècle"

L’affaire. Fin 2008, la crise économique qui s’abat sur Wall Street permet de révéler au grand jour la plus grande escroquerie du XXIe siècle. Au cœur de l’arnaque : une sommité du monde financier américain, Bernard Madoff qui, plusieurs décennies durant, a réussi à gagner la confiance de riches clients. Banques, entreprises et particuliers lui ont confié des sommes colossales qu’il devait faire fructifier dans différents projets. Inquiets des conséquences de la crise, ses clients exigent leur argent que le financier est incapable de rembourser. Le montant estimé de l’escroquerie s’élève à 50 milliards de dollars.

Le jugement. Le 11 septembre 2008, Bernard Madoff est arrêté. "L’escroc du siècle" avoue que ses placements n’ont pas rapporté un seul centime. La justice saisit ses biens pour dédommager les victimes des pertes qu’il a causées. Le 29 juin, il est condamné à 150 ans de prison. Madoff décide de ne pas faire appel et de passer le reste de sa vie derrière les barreaux.

 

Angolagate ou le "who’s who" dans le prétoire

L’affaire. En 1994, la France a vendu pour 790 millions de dollars d’armes à l’Angola, alors en proie à une guerre civile. Plusieurs personnalités politiques françaises sont accusées d’avoir touché d’importantes commissions.

Le jugement. Le procès des 42 accusés de l’affaire Angolagate a commencé en octobre 2008 mais le jugement n’a été prononcé que le 27 octobre 2009. Le tribunal correctionnel condamne 36 des accusés et acquitte les 6 autres. Charles Pasqua, ministre français de l’Intérieur de 1993 à 1995, écope d’une amende de 100 000 euros et de trois ans de prison, dont un ferme. Il décide de faire appel.

 

"Douch", un tortionnaire khmer rouge dans le box des accusés

L’affaire. Trente ans après la chute du régime khmer rouge au Cambodge (1975-1979), débute le procès de l’un de ses plus terribles tortionnaires : Kaing Guek Eav, alias "Douch". L’homme est accusé d’être impliqué dans l’assassinat de plus de 15 000 personnes dans la prison de Tuol Sleng, baptisée du nom de code S-21, qu’il a dirigée entre 1975 et 1979. "Douch" est jugé à Phnom Penh, la capitale cambodgienne, devant un tribunal international spécial parrainé par l’ONU. Cinq autres responsables khmers rouges, impliqués dans des actes de torture ayant entraîné la mort de deux millions de cambodgiens, doivent comparaître devant le même tribunal.

Le jugement. Le coup d’envoi du procès est donné le 17 février 2009. Dès les premières audiences, "Douch" crée la surprise en demandant sa libération… tout en reconnaissant les accusations retenues contre lui. L’accusé affirme n’avoir fait qu’appliquer les ordres reçus de ses supérieurs de peur d’être exécuté en compagnie de sa famille. Le jugement est attendu pour le début de 2010.

 

Josef Fritzl, le procès de l’horreur

L’affaire. Un matin d’avril 2008, l’Autriche découvre avec effroi une affaire d’inceste. Ingénieur électricien à la retraite, Josef Fritzl, 73 ans, est arrêté par la police après que sa fille, Elisabeth, eut raconté avoir été violée et séquestrée dans une cave pendant 24 ans. La jeune femme évoque également l’existence de six enfants nés de cette relation (un septième est mort à la naissance).  

Le jugement. Le procès commence le 16 mars 2009. Josef Fritzl plaide coupable de viols, inceste et séquestration, mais nie être impliqué dans le meurtre de l’enfant mort. Le 19 mars, la justice le condamne à la prison à vie.

 


Attentats de Bombay, le seul survivant du commando face à ses juges

L’affaire. Entre le 26 et le 29 novembre 2009, Bombay, la capitale économique de l’Inde, est frappée par une série d’attentats qui fait 174 morts, dont 26 étrangers et neuf des dix assaillants. Les terroristes, qui auraient été entraînés au Pakistan, ont mené leurs attaques dans deux hôtels de luxe, une gare fréquentée de la ville, un café touristique et un centre juif. Mohammad Amir Iman, 21 ans, surnommé "Kasab", est le seul survivant du commando.

Le jugement. Le procès débute le 17 avril 2009. L’accusé reconnaît son implication dans les attentats avant de se rétracter le 18 décembre, affirmant que ses premiers aveux ont été soutirés sous la torture. Si son implication dans les attentats est démontrée, "Kasab" encourt la peine capitale.
 

Clearstream, la droite française règle ses comptes

L’affaire. Elle se divise en deux volets. Le premier, industrialo-financier, remonte à 2004, lorsque le stagiaire d’un cabinet chargé d’auditer la banque de compensation luxembourgeoise Clearstream y dérobe des listings recensant le nom de personnes possédant des comptes dans l’établissement… sur lesquels des commissions occultes auraient été versées dans le cadre de la vente de six frégates à Taïwan, en 1991. Une copie du document est transmise au journaliste Denis Robert, mais se retrouve également entre les mains d’Imad Lahoud, un informaticien qui travaille pour EADS et, ponctuellement, pour les services de renseignements français. Celui-ci y introduit les noms de plusieurs personnalités politiques, dont celui de "Nagy Bocsa", nom de famille complet de Nicolas Sarkozy. C’est alors que s’ouvre le volet politique de l’affaire. Un corbeau fait parvenir les listings truqués au juge d’instruction Renaud Van Ryumbeke, espérant ainsi compromettre Nicolas Sarkozy, candidat à la présidence de la République. À l’époque ministre de l’Intérieur, celui-ci contre-attaque en accusant son rival, l’ex-Premier ministre Dominique de Villepin, d’avoir commandité le trucage du listing pour le déstabiliser.

Le jugement. Les audiences devant le tribunal correctionnel de Paris, qui rendra son jugement le 28 janvier, se sont tenues du 21 septembre au 23 octobre. Le procureur a requis contre Dominique de Villepin 18 mois de prison avec sursis et 45 000 euros d’amende.

 

Radovan Karadzic, l’autre "boucher des Balkans" répond de ses crimes

L’affaire. Visé par un mandat d’arrêt du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), l'ex-chef politique des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic, a été arrêté le 21 juillet 2008, après 13 ans de cavale. Il est accusé d’avoir orchestré un nettoyage ethnique pendant la guerre de Bosnie (1992-1995), qui a fait 100 000 morts et 2,2 millions de déplacés. La justice lui reproche notamment d’avoir fait massacrer quelque 7 000 musulmans à Srebrenica, en juillet 1995, et d’avoir ordonné le siège de Sarajevo, au cours duquel 10 000 personnes ont été tuées.

Le jugement. Le procès de Radovan Karadzic, qui est accusé de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de génocide, commence le 26 octobre, à La Haye. Après en avoir boycotté les trois premières audiences, l’accusé, qui plaide non coupable et souhaite assurer lui-même sa défense, comparaît pour la première fois le 3 novembre, dans le cadre d’une audience de procédure. Son procès a finalement été reporté au 1er mars 2010, le TPIY ayant décidé de lui octroyer trois mois supplémentaires pour préparer sa défense et ordonné la désignation d’un avocat pour le représenter.

 

John Demjanjuk, le dernier criminel nazi déféré devant les parquets

L’affaire. Apatride originaire d’Ukraine suspecté d’être l’un des derniers grands criminels nazis encore en vie, John Demjanjuk est accusé d’avoir participé au meurtre de 27 900 juifs du camp d’extermination de Sobibor, en Pologne actuelle, où il aurait été gardien en 1943. Réfugié aux États-Unis jusqu’en mai dernier, il a finalement été extradé vers l’Allemagne après une longue bataille judiciaire liée à son état de santé.

Le jugement.
Le procès de John Demjanjuk débute le 30 novembre 2009. Il pourrait durer jusqu’en mai 2010. L’homme risque la prison à perpétuité s’il est reconnu coupable des faits dont il est accusé.

 

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