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Après Londres et Washington, Paris ferme à son tour son ambassade

L'ambassade de France à Sanaa, elle aussi victime de menaces d'Al-Qaïda, a à son tour fermé ses portes au public. L'Espagne ne fait que restreindre l'accès de sa représentation diplomatique pour l'instant.

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AFP - Les mesures de sécurité renforcées décidées par les Etats-Unis après l'attentat manqué contre le vol Amsterdam-Detroit, revendiqué par la branche yéménite d'Al-Qaïda, sont entrées en vigueur lundi alors que la France, après Londres et Washington, a fermé au public son ambassade au Yémen.

Ces trois pays ont fait état de menaces d'attaques contre des intérêts étrangers au Yémen de la part de groupes se réclamant du réseau d'Oussama ben Laden, dix jours après la tentative d'attentat à Noël contre l'avion de la Northwest Airlines.

Le Nigeria, pays d'origine d'Umar Farouk Abdulmutallab, l'auteur de l'attentat manqué revendiqué par Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqap), groupe basé au Yémen, a jugé lundi "injuste" la décision des Etats-Unis de le placer sur la liste des pays à surveiller.

"Il est injuste de discriminer 150 millions de personnes (la population du Nigeria) en raison de la conduite d'une seule", a dit la porte-parole du gouvernement, Dora Akunyili.

Washington avait annoncé la veille un renforcement des contrôles de "tous" les passagers embarquant sur des avions à destination des Etats-Unis, originaires ou en provenance des pays considérés comme des soutiens au terrorisme. Cette liste de 14 pays inclut le Nigeria, le Yémen, le Pakistan, l'Afghanistan, la Libye, la Somalie.

Les ambassades américaine et britannique à Sanaa, la capitale du Yémen, étaient fermées pour la deuxième journée consécutive alors que les autorités yéménites ont renforcé leur dispositif de sécurité dans la ville.

Deux membres présumés d'Al-Qaïda ont par ailleurs été tués lundi dans une opération des forces yéménites au nord de Sanaa, selon le ministère de la Défense.

Yémen, nouvelle base arrière d'Al Qaïda ?

La France, faisant état de "menaces" contre des représentations étrangères, a elle aussi annoncé lundi sa décision de fermer au public son ambassade.

"Le 3 janvier (dimanche), notre ambassadeur a en particulier décidé de ne plus autoriser jusqu'à nouvel ordre l'accès du public aux locaux de la mission diplomatique", a déclaré le porte-parole du Quai d'Orsay, Bernard Valero.

"Des groupes se réclamant d’Al-Qaïda dans la péninsule arabique ont menacé des représentations étrangères au Yémen", a-t-il ajouté.

Le conseiller pour la lutte antiterroriste du président américain Barack Obama, John Brennan, avait affirmé dimanche que "selon certaines indications, Al-Qaïda prépare un attentat contre une cible à Sanaa, qui pourrait être notre ambassade".

M. Obama, qui a dénoncé les carences "inacceptables" ayant permis à Al-Qaïda de s'en prendre à un avion de ligne américain, alors même que le père du suspect avait alerté les autorités américaines sur son fils, devait réunir mardi les responsables des services de renseignement américains. Certains médias spéculaient sur la possibilité qu'il exige des démissions.

Lundi, les mesures renforcées décidées par Washington se mettaient en place, comme au Pakistan où les passagers embarquant à l'aéroport d'Islamabad pour les Etats-Unis étaient soumis à des contrôles stricts.

"L'ambassade de France nous a demandé de faire profil bas"

Laurence Martin, Observatrice à Sanaa

 

Ces passagers "sont soumis à des fouilles corporelles avant d'être autorisés à quitter le hall d'embarquement", a expliqué à l'AFP Sultan Hasan, porte-parole de la compagnie Pakistan International Airlines (PIA), précisant que ces fouilles "respectent les normes définies par les autorités américaines".

Cuba, qui figure également sur la liste des pays à surveiller, a qualifié de "paranoïa antiterroriste" la décision américaine.

Dans la capitale yéménite, le dispositif de sécurité incluant des agents des renseignements en civil était visible autour des chancelleries occidentales, en particulier des Etats-Unis et de Grande-Bretagne. Les barrages de police se sont également multipliés sur la route de l'aéroport.

Les services de sécurité yéménites ont abattu deux militants présumés d'Al-Qaïda lundi, au nord de Sanaa. Trois autres islamistes ont été blessés.

Le Yémen s'est engagé depuis décembre dans une guerre contre le réseau terroriste de Ben Laden. Selon le ministre yéménite des Affaires étrangères, 300 activistes pourraient se trouver dans le pays.

Après l'Espagne, qui a restreint l'accès du public à sa représentation de Sanaa, l'Allemagne a elle aussi renforcé la sécurité de son ambassade et le Japon a fermé le consulat de son ambassade au Yémen.

En revendiquant l'attentat manqué du 25 décembre, l'Aqap a promis la mort à "tous les croisés", menace prise au sérieux dans les capitales occidentales.

Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont annoncé leur intention d'aider le Yémen à renforcer les capacités de ses unités antiterroristes, alors que l'auteur de l'attentat manqué a été entraîné dans ce pays par l'Aqap.

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