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CHILI

Grève illimitée dans deux des plus grandes mines de cuivre à ciel ouvert du monde

Texte par : Dépêche
3 min

Plus de 95 % des mineurs des sites chiliens de Chuquicamata et de Mina Sur, dans le nord du pays, ont cessé le travail pour demander une hausse de leurs salaires. Les deux mines produisent plus de 4 % du cuivre extrait dans le monde.

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AFP - Les salariés de deux mines de cuivre du Chili, produisant plus de 4% du métal rouge mondial, ont entamé lundi une grève illimitée pour de meilleures conditions salariales, mouvement aussitôt ressenti sur le marché des métaux, où le cuivre a atteint son record en 17 mois.

Sur le complexe de Chuquicamata, plus grande mine de cuivre à ciel ouvert du monde, dans le désertique nord chilien, plus de 95% des 5.600 salariés suivaient la grève sur les mines de Chuquicamata et Mina Sur, selon les syndicats.

"Nous surveillons la situation depuis les premières heures du jour et la situation est tranquille dans l'ensemble", a estimé Humberto Fernandois, directeur des ressources humaines du géant public Codelco, qui gère les deux sites à 1.650 km de Santiago, dans le désert d'Atacama.

Codelco, premier producteur mondial avec environ 1,5 million de tonnes par an, pourrait perdre jusqu'à 8 millions de dollars par jour en raison de la grève, selon M. Fernandois, qui a ajouté que l'entreprise restait disposée à négocier ce lundi-même. "Il y a encore place pour une solution".

Les cours du métal rouge, dopés par la grève et la crainte d'un impact sur l'offre de cuivre, se sont propulsés lundi à 7.536 dollars la tonne sur le marché des métaux de Londres, un niveau plus vu depuis août 2008.

Le conflit social "attise la crainte que l'offre (de cuivre) ne se resserre", a commenté Eugen Weinberg, analyste chez Commerzbank, pour qui les cours atteints lundi n'étaient toutefois pas tenables, ni le marché du cuivre menacé de pénurie.

La grève à Chuqicamata, la première en 13 ans sur le méga-site, a un fort impact psychologique au Chili, qui mise sur le cuivre -dont il est le premier producteur mondial, avec un tiers de l'offre- pour rebondir en 2010 après 12 mois de croissance négative.

"Nous regrettons profondément cette situation, qui ne fait pas du bien au pays", a regretté lundi la présidente Michelle Bachelet.

Les salariés de Codelco-Chuquicamata, qui ont voté la grève à 51% le 28 décembre, réclament leur quote-part du regain récent du cuivre, notamment depuis que le cours du métal rouge a refranchi la barre des 7.000 dollars la tonne début décembre.

Les syndicats ont refusé plusieurs propositions, comprenant une hausse des salaires de 3,5% et une prime de 23.000 dollars. En fin de semaine, ils visaient une hausse de 5% minimum, et une prime plus proche des 28.000 dollars de leurs collègues de la mine privée Escondida, de BHP Billiton.

A ceux soulignant l'importance de ces sommes et la sécurité de leur emploi, sur fond de récession, les mineurs de Chuquicamata rétorquent en invoquant le coût de la vie élevé aux abords de la mine, et la dureté des conditions de travail, en plein désert à 2.800 m d'altitude.

"Tout le Chili en profite, sauf Calama" (la ville la plus proche des mines), "700 employés malades: c'est ça la qualité de vie ?", pouvait-on lire sur des banderoles déployées lundi sur le site.

Codelco n'a pas hésité ces derniers jours à jouer de l'argument moral, estimant que les offres faites aux salariés de Chuquicamata étaient déjà "à la limite éthique" par rapport à la situation des plus pauvres au Chili.

Le gouvernement de centre-gauche, dans ce contexte, a une marge de manoeuvre limitée, à deux semaines du second tour de la présidentielle, dont le favori est le candidat de droite Sebastien Pinera.
 

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