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Malgré la réconciliation franco-rwandaise, les tensions persistent

Alors que Bernard Kouchner scelle le réchauffement des relations franco-rwandaises par une visite à Kigali, un rapport rwandais met en pièces la thèse du juge Bruguière sur l'assassinat de l'ex-président Habyarimana.

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Qu’elle fut froide, chaleureuse, ou simplement diplomatique, la poignée de main échangée jeudi à Kigali par Bernard Kouchner et le président rwandais Paul Kagame est lourde de symbole. Elle vient mettre fin à plus de trois années de rupture des

Bruguière, le dossier de la discorde

23 novembre 2006 : l’ex-juge anti-terroriste Jean-Louis Bruguière lance une bombe diplomatico-judiciaire en signant neuf mandats d’arrêts internationaux contre des proches de l’actuel président rwandais Paul Kagame, alors chef militaire du Front Patriotique Rwandais (FPR). L’enquête du juge Bruguière désigne Kagame comme le commanditaire de l’attentat et l’ordonnateur des massacres à suivre, et recommande des poursuites devant le Tribunal international pour le Rwanda (TPIR).

Le juge Bruguière est à l’époque saisi de plaintes de familles françaises, celles des pilotes de l’ex-président - hutu - Juvénal Habyarimana, dont l’avion est abattu en plein vol le 6 avril 1994. Un assassinat politique considéré comme l’évènement déclencheur du terrible génocide.

 

relations diplomatiques entre les deux pays, mais ne fera pas disparaître la pomme de discorde qui les oppose depuis 1994 : la question du génocide rwandais et des responsabilités de chaque pays dans ce massacre qui a fait plus de 800 000 morts selon l’ONU, essentiellement parmi la population tutsi.

"On a une histoire commune, on a eu des difficultés, on est prêt a en discuter mais prêt aussi à avancer. On commence une nouvelle étape de notre histoire commune", a déclaré la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, tandis que son homologue français en appelait "aux historiens, aux sociologues, aux témoins, aux rescapés" pour accomplir un nécessaire devoir de mémoire sur le plus important génocide de la fin du XXe siècle. Mais les relations franco-rwandaises reviennent de loin.

Une contre-expertise qui tombe à pic

Mais au moment même où Bernard Kouchner pose le pied à Kigali, un rapport relance la controverse sur l’assassinat du président Habyarimana. Difficile de croire à une coïncidence, tant ce rapport met en pièces la thèse défendue par le juge Bruguière (voir encadré ci-contre).

Rédigé par un "comité indépendant", en fait nommé par le gouvernement rwandais en avril 2007, ce rapport exonère le président Kagame de toute responsabilité dans l’attentat de 1994 et pointe du doigt d’autres responsables : des hauts-gradés des Forces Armées Rwandaises (FAR), opposés au processus de partage du pouvoir à Kigali entre la rébellion tutsi du FPR (actuellement au pouvoir) et le gouvernement.

L’assassinat de l’ex-président Habyarimana serait, selon ce rapport rendu public jeudi, une "opération soigneusement murie par des politiciens et officiers extrémistes appartenant à la faction Hutu power". L’enquête du comité rwandais contredit celle du juge Bruguière sur plusieurs points déterminants, notamment le lieu à partir duquel auraient été tirés les missiles contre l’avion du président Habyarimana, et sur le type de missiles utilisé. Il pointe enfin le rôle de l’armée française, qui aurait eu accès à l’épave de l’avion le soir de l’attentat et aurait emporté la boîte noire de l’appareil ainsi que des débris d’un missile…

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