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SÉISME EN HAÏTI

"Un séisme similaire peut intervenir dans un an"

3 min

Pour Pascal Bernard, sismologue à l'Institut physique du globe de Paris, la situation sismique d'Haïti est encore très instable. Il est donc impératif de reconstruire en tenant compte des risques d'une autre catastrophe. Interview.

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Où en est-on du risque sismologique actuellement à Haïti ?

Pascal Bernard : Il y a des répliques quotidiennes. Heureusement, elles ne sont pas dangereuses pour l'instant. Mais on ne peut pas éliminer le risque d'une réplique de magnitude 5,5 ou 6 sur l'échelle de Richter qui viendrait détuire les immeubles déjà endommagés.

Un deuxième séisme aussi puissant que celui de mardi peut aussi frapper la ville, cela peut arriver dans un an ou dans 50 ans. Il n'est donc pas du tout sûr qu'il frapperait avant la reconstruction de Port-au-Prince, ce qui signifie qu'il faut absolument rebâtir en tenant compte de ce risque majeur. D'autant que ce nouveau séisme aurait lieu, certes sur la même faille, mais pas sur le même segment. Il serait situé bien plus près de la ville.

À défaut d'être prévisible, le séisme qui a eu lieu mardi était attendu. Comment peut-on se préparer aujourd'hui à ce genre de catastrophe ?

P.B. : Prévoir un séisme dans cette région est tout à fait possible parce qu'on sait de quelle faille et de quel segment il s'agit. Il est donc aussi possible de savoir à quelle distance de la ville cela va se produire. La magnitude est également assez prévisible : on sait que le dernier séisme date de 1751 et que, depuis, les mesures GPS montrent que la déformation de cette faille augmente d'un centimètre par an. Il y avait 2,5 mètres de déformation qui se sont accumulées depuis ces 250 dernières années, ce que la faille a rattrapé d'un coup.

Il existe donc des signes avant-coureurs ?

P.B. : Il est impossible de savoir s'il y a eu des signes pour cette faille en particulier car il n'y avait pas d'instruments suffisament précis pour les mesurer. Mais même s'il y en avait eu  - comme par exemple des petits événements anormaux -, on aurait été bien incapable de prédire ce séisme majeur. En effet, et heureusement, toutes les crises microsismiques ne sont pas suivies par ce genre de catastrophe.

La plaque des Caraïbes est connue pour être une zone à haut risque. Est-ce qu'il existe un danger pour les Antilles françaises ?

P.B. : Du côté des Antilles françaises, il y a un affrontement entre la plaque des Caraïbes et celle de l'Amérique du Nord, la première passe sur la deuxième au niveau de la Guadeloupe et de la Martinique. Les grands séismes de cette région sont heureusement assez éloignés de ces îles, à environ 100 à 150 km des terres. Donc même si les secousses peuvent atteindre une magnitude 8, les ondes s'atténuent en se rapprochant des îles. Reste que du fait de la puissance d'un tel tremblement de terre, les destructions seraient tout de même importantes.

Le séisme est le résultat de l'affrontement de deux plaques tectoniques en mouvement.
Le séisme est le résultat de l'affrontement de deux plaques tectoniques en mouvement.

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