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La justice libère la plupart des clandestins retrouvés sur une plage corse

Au moins 94 des 123 immigrés clandestins retrouvés vendredi sur une plage corse ont pu quitter les centres de rétention où ils avaient été placés samedi. 19 autres attendent toujours une réponse à Toulouse.

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AFP - Les juges des libertés et de la détention de Marseille, Nîmes et Rennes ont décidé dimanche de remettre en liberté tous les réfugiés kurdes, transférés dans les centres de rétention de ces villes après leur découverte sur une plage de Corse vendredi.

Au total, 94 de ces réfugiés affirmant venir de Syrie et qui avaient déposé des recours contre les arrêtés d'expulsion pris à leur encontre ont recouvré la liberté dimanche, sur les 123 arrivés sur une plage proche de Bonifacio, dans des conditions toujours pas éclaircies.

Aucun des parquets dans les villes concernées n'a fait appel de la décision des juges dans le délai légal de quatre heures.

Le ministre de l'immigration a indiqué dimanche soir que tous les migrants libérés dimanche après-midi "dormiront dans des lieux gérés par l'Etat en partenariat avec la Croix rouge". C'est le cas notamment à Nîmes où la préfecture a organisé leur accueil dans des hôtels de la ville.

Des décisions identiques devraient être prises lundi à Lyon en faveur des dix clandestins placés au centre de rétention administrative (CRA) de l'aéroport de Lyon-Saint-Exupéry et à Toulouse pour les 19 qui sont retenus au CRA de Cornebarrieu, estimaient dimanche les associations d'aide aux réfugiés.

Dans tous les cas, les juges ont estimé que la privation de liberté de ces migrants s'était faite hors de tout cadre juridique légal "puisqu'ils n'étaient pas placés en garde à vue". Le JLD de Nîmes a pointé l'absence de pièces de procédure justifiant une reconduite à la frontière, celui de Marseille le fait que les migrants ne s'étaient pas vu notifier leurs droits immédiatement après leur placement en rétention.

Il appartiendra ensuite aux tribunaux administratifs de statuer définitivement la légalité des arrêtés de reconduite à la frontière pris par le préfet de Corse du Sud.

Les décisions des JLD ont été accueillies avec satisfaction par les associations d'aide aux réfugiés qui avaient toutes dénoncé la procédure appliquée par les autorités françaises et notamment le placement immédiat des Kurdes en CRA, susceptibles de limiter leur possibilité de déposer un dossier de demande d'asile dans les cinq jours.

"On est dans une logique de traitement d'exception des étrangers", avait ainsi dénoncé Jean-Paul Nunez, délégué régional de la Cimade à Nîmes.

Eric Besson a répondu dimanche à ces critiques affirmant que leurs auteurs "devraient comprendre qu’il était impossible d’amener en quelques heures à la pointe sud de la Corse des dizaines d’interprètes, d’avocats, de médecins et de trouver sur place un local de rétention administrative respectant l'ensemble des normes en vigueur".

Soulignant que "61 des 81 adultes ont d’ores et déjà choisi de demander l’asile" et qu'ils "verront cette demande instruite par l’Ofpra (l'Office français de protection des réfugiés et apatrides) en procédure normale", M. Besson a souligné que "face à des situations d’urgence, la protection des personnes prime sur le pointillisme procédural".

Dans le même temps, l'enquête du parquet d'Ajaccio sur l'arrivée en Corse des 123 réfugiés clandestins s'est poursuivie dimanche avec des vérifications sur un navire ukrainien à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), selon le procureur de la République, Thomas Pison.

Des vérifications déjà effectuées depuis vendredi en Sardaigne sur un cargo russe "n'ont pas apporté d'élément probant" et l'enquête n'a encore "pas beaucoup évolué", a-t-il ajouté.

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