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Washington va faire appel du non-lieu rendu dans l'affaire Blackwater

En visite à Bagdad, Joe Biden a annoncé que le ministère américain de la Justice allait faire appel de la décision d'abandonner les poursuites contre cinq employés de la société de sécurité accusés d'avoir tué 17 Irakiens en 2007.

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AFP - Le vice-président américain Joseph Biden a annoncé samedi à Bagdad que le ministère de la Justice américain allait faire appel de la décision d'un juge fédéral d'abandonner les poursuites contre cinq employés de sécurité de Blackwater, accusés de la mort de civils irakiens.

"Aujourd'hui, j'annonce que le gouvernement des Etats-Unis va faire appel de la décision. Notre ministère de la Justice va faire appel de la décision du juge la semaine prochaine", a affirmé M. Biden lors d'une conférence presse.

"Un abandon (des poursuites) ne signifie pas un acquittement", a-t-il ajouté, parlant de sa "déception" face à la décision du juge américain.

"Les Etats-Unis sont déterminés à tenir pour responsable quiconque a commis des crimes contre le peuple irakien", a insisté le vice-président après des entretiens avec le président irakien Jalal Talabani, en exprimant "ses regrets personnels".

Un juge fédéral américain a argué que l'accusation avait violé les droits des employés de la compagnie de sécurité privée Blackwater en utilisant des témoignages livrés alors qu'ils étaient protégés par l'immunité que leur conférait le gouvernement américain.

Bagdad s'est indigné de cette décision et assuré qu'il entendait poursuivre la société au nom des victimes.

Les cinq employés de Blackwater sont accusés d'avoir ouvert le feu sur la foule et tué 14 Irakiens, selon la justice américaine, lors d'une mission pour le département d'Etat sur la place Nousour à Bagdad en septembre 2007. La fusillade fut l'une des plus sanglantes impliquant une société de sécurité privée en Irak. Blackwater a toujours parlé de légitime défense.

Selon les autorités irakiennes, 17 personnes ont été tuées dans la fusillade.

La quasi-totalité des familles des 17 victimes ont accepté des dommages et intérêts de la part de Blackwater, a récemment affirmé à l'AFP un avocat, Hassan Jabbar Salman, lui-même blessé.

Selon M. Salman, les familles des personnes tuées ont reçu 100.000 dollars tandis que les blessés ont perçu entre 20.000 et 50.000 dollars.

La fusillade avait provoqué la colère des Irakiens qui n'ont eu de cesse d'accuser les agents de sécurité étrangers d'avoir la gâchette facile et d'agir en toute impunité.

Avec ses convois sillonnant Bagdad à vive allure, ses gardes tirant en l'air pour se faire un passage dans les embouteillages et ses hélicoptères survolant sans cesse le ciel de Bagdad, la société Blackwater était devenue pour les Irakiens le symbole des agissements controversés des sociétés privées.

Après cet incident, le gouvernement a retiré la licence d'exploitation de Blackwater, la plus grande entreprise privée de sécurité utilisée par les Etats-Unis en Irak et dont les contrats s'élevaient à des centaines de millions de dollars par an.

La société avait changé de nom après la fusillade et opté pour Xe.

Dans un communiqué, Xe s'était félicitée de la décision du juge américain. "Depuis le début, Xe soutient les centaines d'hommes courageux qui se sont mis personnellement en danger afin de protéger les diplomates américains à Bagdad et dans d'autres zones de combat en Irak", avait dit le chef de la société, Joseph Yorio.
 

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