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Villepin relaxé dans l'affaire Clearstream

Relaxé dans l'affaire Clearstream, l'ex-Premier ministre s'est réjoui de "l'esprit d'indépendance" qui règne dans la justice française. Trois autres accusés ont été condamnés à des peines allant de quatre mois à trois ans de prison avec sursis.

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C'est un Dominique de Villepin détendu qui a quitté, jeudi en fin de matinée, la 11e Chambre du tribunal correctionnel de Paris dans laquelle il était entré d'un pas pressé deux heures plus tôt. L'ancien Premier ministre a de quoi se réjouir : après trois mois de délibérés, la justice l'a complètement blanchi dans le nébuleux dossier Clearstream, une affaire de falsification de listings bancaires aux relents politiques.

"Après plusieurs années d'épreuves, mon innocence a été reconnue", s'est félicité Dominique de Villepin devant la horde de journalistes qui l'attendait à la sortie. Il risquait jusqu'à 18 mois de prison avec sursis et 45 000 euros d'amende. 

Dans la salle de criée, où était retransmis en direct le jugement à l'attention du public, Danielle, 62 ans, a l'air soulagé. Comme quelques autres supporteurs de l'ancien chef du gouvernement, elle est venue tout spécialement pour "soutenir" un Dominique de Villepin qu'elle sait "innocent".

Peu après l 'annonce du jugement, un communiqué de l'Elysée vient indiquer que le président Nicolas Sarkozy, partie civile dans cette affaire, n'interjettera pas appel. "Le tribunal a considéré que le rôle de M. Dominique de Villepin ne pouvait pas être prouvé, j'en prends acte tout en notant la sévérité de certains attendus le concernant", estime le chef de l'Etat.

Gergorin, une personnalité "nuisible et inquiétante"

Jean-Louis Gergorin, ancien vice-président d'EADS, a lui été reconnu coupable de "dénonciation calomnieuse, usage de faux, recel d'abus de confiance et vol". Considéré par la justice comme le "cerveau" de l'affaire Clearstream, il écope de trois ans de prison dont 15 mois ferme et de 40 000 euros d'amende.

Il a décidé de faire appel. "Je me battrai de toutes mes forces pour que mon innocence soit reconnue, a-t-il déclaré à la sortie du tribunal, ajoutant ne pas être "le personnage qui est décrit par ce jugement". D'un ton neutre, presque détaché, le président de la 11e Chambre du tribunal correctionnel de Paris, Dominique Pauthe n'avait en effet pas hésité à le qualifier de personnalité "nuisible et inquiétante", "pas crédible", "de mauvaise foi" et animée par une "volonté de manipulation".

L'informaticien Imad Lahoud "coupable de complicité de dénonciation calomnieuse", de "faux et d'usage" de faux et de "recels d'abus de confiance", a lui aussi eu droit à une description peu glorieuse de sa personne. Considéré comme "le point de passage obligé des données Clearstream", l'ancien cadre d'EADS a été condamné à 18 mois de prison ferme et à 40 000 euros d'amende. 

L'ancien consultant Florian Bourges a quant à lui été sanctionné de quatre mois de prison avec sursis et le journaliste Denis Robert a été relaxé. 
 

Le délit de complicité de dénonciation calomnieuse consiste à participer à la dénonciation, spontanément et de mauvaise foi, d'une personne comme auteur de faits de nature à l'exposer à "des sanctions judiciaires, administratives ou disciplinaires".

Pour être constitué, ce délit implique que son auteur ait su que les faits dénoncés étaient "partiellement ou totalement inexacts".

Dans le cas de Dominique de Villepin, le tribunal a estimé que rien ne prouvait qu'il avait "conscience que les listings étaient faux".

 

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