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Angoulême distingue Baru et la jeune génération de la BD

C'est un routard du 9e art, Baru, qui s'est vu décerner, dimanche, le Grand prix du festival d'Angoulême, tandis que les 10 autres prix ont récompensé de jeunes talents. Le "Pascal Brutal" de Riad Sattouf est sacré meilleur album.

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AFP - Le jury du 37è Festival international de la bande dessinée (FIBD) d'Angoulême a distingué dimanche les différentes générations de la BD, en attribuant son Grand prix à Baru, l'auteur de "Roulez jeunesse!", et son Prix du meilleur album à Riad Sattouf pour son "Pascal Brutal".

De son vrai nom Hervé Baruléa, Baru, 62 ans, dessinateur au trait énergique doublé d'un sens percutant de la narration, raconte depuis trente ans des histoires d'adolescents de milieux populaires dans ses nombreux albums.

Après des débuts comme professeur de sport, Baru a publié au début des années 1980 une trilogie intitulée "Quéquette blues", reprise en un seul volume sous le titre "Roulez jeunesse!". En 1988 paraît "Cours, camarade!", l'histoire d'une course poursuite entre deux jeunes et un groupe de militants d'extrême droite. Il publie ensuite dans un style proche du manga "L'autoroute du soleil", qui reçoit le prix du meilleur album en 1996 à Angoulême.

Dessinateur à la forte sensibilité sociale, Baru revient au monde de l'enfance avec "Les années Spoutnik", une série située dans les années 1950. Son dernier album, "Noir" (Casterman), est paru en 2009.

Le grand prix du festival lui a été remis lors de la cérémonie de clôture par le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, qui a annoncé que le budget du festival "sera pérennisé l'année prochaine". En novembre dernier, le FIBD avait en effet été confronté à des difficultés pour boucler son budget 2010.

En décernant son prix du meilleur album au "Pascal Brutal" de Riad Sattouf, 32 ans, le festival a fait le lien avec la jeune génération de la BD francophone. Dans son premier film, "Les beaux gosses", sorti en juin 2009, Sattouf racontait également des histoires d'adolescents de milieu populaire.

"Notre ouverture à la diversité de la BD a toujours fait la force de cet événement", a souligné dimanche le directeur artistique du festival, Benoît Mouchart, notant que "les festivaliers sont beaucoup plus jeunes" que par le passé, "avec beaucoup plus de femmes et de filles". Le FIBD attire chaque année près de 200.000 personnes en quatre jours.

Egalement distingués, Gwen de Bonneval et Mathieu Bonhomme ("L'esprit perdu"), David Prudhomme ("Rébétiko") ou Camille Jourdy ("Rosalie Blum") appartiennent aussi à la nouvelle vague des auteurs de BD.

La bande dessinée grand public est récompensée avec le prix de la série à "Jérôme K. Jérôme Bloche" d'Alain Dodier. Et le prix du patrimoine est allé au grand dessinateur espagnol Carlos Gimenez, 69 ans, pour "Paracuellos", récit de son enfance dans un orphelinat de l'Espagne franquiste.

Outre Casterman qui publie Baru, les maisons d'édition au palmarès reflètent l'équilibre entre les générations d'auteurs et les différentes tendances de la BD. Avec notamment deux prix pour Dupuis, deux pour Fluide Glacial, deux pour Actes Sud, une récompense pour Futuropolis et une pour la petite maison indépendante L'Association.

L'édition 2010 a également été marquée par l'originalité des spectacles, conçus notamment par le lauréat du Grand prix 2009, l'ecclectique Blutch.

Renonçant à son discours lors d'une cérémonie de clôture particulièrement animée, Frédéric Mitterrand a souligné qu'il était souvent considéré comme le "Gaston Lagaffe" du gouvernement. "Mon rêve secret, c'est de devenir le Marsupilami de la politique", a-t-il confié sous les applaudissements.

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