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Barack Obama renoncerait à décrocher la Lune

L'une des dispositions du budget 2011 de Barack Obama les plus attendus reste l'annonce anticipée de l'abandon de l'ambition projet de retourner sur la Lune d'ici 2020 au profit de vols commerciaux dans l'espace.

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Barack Obama est bien décidé à garder les pieds sur terre. A en croire plusieurs médias américains, le président des Etats-Unis doit profiter de la présentation du budget 2011 pour annoncer l'abandon du programme Constellation qui prévoit un retour de l’homme sur la Lune en 2020. Un coup d’arrêt qui, s'il est approuvé par le Congrès, devrait faire grincer quelques dents du côté des États bénéficiant, la Floride en tête, de la manne de Constellation.

"C’est l’abandon du leadership américain en matière spatiale", a réagi, dimanche, dans un communiqué, Michael Griffin, un ancien chef de la Nasa qui a participé à l’élaboration du projet. L’ambition de retourner sur la Lune en 2020 avait été fixée par l’ancien président George W. Bush en 2004 mais, depuis lors, ce programme avait accumulé les retards. Le lanceur Ares et la nouvelle génération de navettes censées transporter l’homme dans l’espace ne pourront être prêts à temps sans fonds supplémentaires, a prévenu plusieurs fois la Nasa.

Déficit record

La commission mise en place en 2009 par le président américain pour plancher sur l’avenir spatial américain a estimé, dans un rapport remis en octobre 2009, à 3 milliards de dollars par an l’investissement nécessaire pour atteindre les objectifs du programme Constellation. Une dépense que Barack Obama ne serait donc pas prêt à intégrer dans son projet de loi des finances. Pour 2010, les Etats-Unis devraient afficher un déficit record de 1 600 milliards de dollars. Pour boucler son budget, la Maison Blanche doit passer près de 120 programmes par pertes et profits.

Pour autant, Washington ne compte pas tirer un trait définitif sur son aventure spatiale. La Nasa devrait voir son budget (actuellement de 18 milliards de dollars par an) augmenter de 6 milliards de dollars sur cinq ans. Et si la Lune disparaît du viseur américain, ce serait au profit des voyages commerciaux dans l’espace. Une décision qui entraînerait un virage à 180 degrés dans la politique spatiale des Etats-Unis : les navettes transportant des astronautes, qui jusqu'à présent appartiennent à la Nasa, pourraient être également prises en charge par des entreprises privées.

Opposition du Congrès

Une évolution majeure qui ne va pas sans susciter quelques inquiétudes, notamment sur la sécurité des astronautes. "Le ministère de la Défense utilise depuis longtemps des compagnies privées pour lancer des satellites ultra-sensibles dans l’espace, la Nasa peut aussi leur faire confiance", a affirmé, lundi, au Washington Post, John Gedmark, directeur de la Fédération des vols spatiaux commerciaux.

Barack Obama prévoirait également de reconduire pour cinq ans la collaboration américaine au programme de la Station spatiale internationale (ISS). Malgré ces ambitions, l’abandon de Constellation risque de rester au travers de la gorge de nombreux élus. Notamment ceux de l'Alabama, de la Floride et du Texas, trois États qui ont vu la création de plusieurs milliers d’emplois grâce à Constellation. L’idée de retourner sur la Lune jouit, en outre, d’une forte popularité auprès d'une opinion publique qui déplore qu’aucun Américain n'ait foulé le sol lunaire depuis 1972. La Chine et la Russie ont quant à eux confirmé travailler de pieds fermes pour un vol habité vers la Lune à l’horizon 2020.

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