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Mouvement de grève à la SNCF, le trafic fortement perturbé

Lancée à l'appel des principaux syndicats de la SNCF, la grève perturbe la circulation des trains en France métropolitaine. Débuté mardi soir, le mouvement doit se poursuivre jusqu'à jeudi matin. Le point sur la trafic.

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Le trafic des trains est perturbé mercredi sur le réseau SNCF, mais conforme aux prévisions établies à la suite d'un préavis de grève des quatre syndicats (CGT, Unsa, CFDT/Fgaac et Sud Rail).

"La circulation des trains, perturbée en raison d'un mouvement social, est conforme au plan de transport prévu par l'entreprise", a indiqué la SNCF dans un communiqué diffusé à 8 h, alors que la grève a débuté mardi à 20 h et prendra fin jeudi à 8 h.

Mercredi, la SNCF avait prévu deux TGV sur trois mais un trafic normal à l'international (Thalys, Eurostar, etc.), un Corail sur deux, un TER sur deux, et deux Transiliens sur trois en moyenne aux heures de pointe.

Sur le réseau régional transilien en Ile-de-France, seule la ligne A du RER ne devrait pas être touchée par la grève. Dans la région capitale, la SNCF a ajouté quelques trains par rapport au plan de transport prévu la veille.

Ainsi, quatre aller-retour supplémentaires sur la ligne E, davantage de tram-train sur Bondy-Aulnay (toutes les 15 minutes au lieu de 25 minutes comme prévu) et quatre aller retour supplémentaires entre Paris et Mantes et un vers Dreux ont été signalés par la SNCF.

Le niveau de trafic prévu est équivalent à celui du 20 octobre 2009, date de la dernière grève nationale à l'appel trois syndicats seulement (CGT, Sud-Rail, CFDT), a précisé la SNCF.

La SNCF invite les voyageurs à se connecter sur www.sncf.com pour tous les trafics, www.abcdtrains.com pour les prévisions de Transiliens par gare, ou à appeler les numéros verts 08 05 90 36 35 pour les grandes lignes et TER, 08 05 70 08 05 pour les Transiliens.

L'"ultimatum" des syndicats

Les syndicats dénoncent le nombre d'embauches prévues en 2010 comparé au nombre de départs, des réorganisations internes qui obligent des cheminots à être reclassés et réclament une hausse des salaires. Ce mouvement est conçu comme un "ultimatum" au président de l'entreprise et au gouvernement sur l'emploi et les réorganisations.

Unis pour la première fois depuis de longs mois, CGT, Sud-Rail, CFDT et Unsa avertissent que "sans réponses concrètes" de la direction et du gouvernement, ils pourraient déclencher une grève reconductible dans quelque temps.

Le budget 2010, présenté le 20 janvier, concentre leurs critiques. Il prévoit 1 404 suppressions de postes mais les syndicats constatent que les effectifs seront réduits à la fin de l'année de 3 713 personnes.

Quelque 500 à 600 cheminots fréquentent actuellement des "espaces mobilité emploi", dont plus d'un tiers sont en formation, en vue d'un reclassement interne ou dans des filiales SNCF. L'entreprise prévoit qu'ils seront 1 800 à 2 000 à la fin de l'année compte tenu des arrivées de personnel du fret, où près de 2 600 postes sont supprimés.

Le président de la SNCF, Guillaume Pepy, a fait valoir récemment qu'en 2009, malgré la crise, "on n'a bloqué ni les embauches ni les salaires" et que "la SNCF a continué à investir".

Pour 2010, les recrutements, "de l'ordre de 1 000 à 1 500", pourraient être ajustés "en fonction des départs à la retraite", a-t-il ajouté. La CGT réclame 1 500 à 2 000 embauches supplémentaires pour améliorer le quotidien des usagers et maintenir le niveau de sécurité.

Sur les salaires, "on va proposer une mesure", a avancé M. Pepy. "Salaires, emploi, fret: on discute, contrairement à ce que voudrait faire croire" la CGT, qui "déforme la réalité de manière systématique", a ajouté le directeur des ressources humaines, François Nogué.

Au-delà, les syndicats relaient un mal-être des cheminots face aux réorganisations. La CGT relève "de sérieuses alertes en matière de souffrance au travail", dont des suicides "liées aux transformations de l'entreprise, menées de façon violente et brutale".

Des discussions sur le stress sont en cours. Le DRH a dénoncé une "volonté de caricature" de la CGT sur ses propositions, qui portent sur l'amélioration de la qualité de vie au travail et la prévention des risques psychosociaux notamment.
 

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