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FESTIVAL DU FILM DE BERLIN

En attendant le palmarès de la Berlinale...

Texte par : Anne MAILLIET
3 min

Notre correspondante Anne Mailliet a suivi le festival du film de Berlin, et dresse un bilan... en demi-teinte. Mis à part le dernier opus de Roman Polanski "The Ghost Writer" et son impressionnant casting (photo), peu de films ont fait mouche.

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Il faudra bien s'y faire un jour, Berlin ne sera jamais Cannes.

Le festival du film de la capitale allemande touche à sa fin et le feu d’artifice organisé pour le 60e anniversaire de l'événement a eu l'effet d'un pétard mouillé…

Avec 20 films en compétition et 400 longs métrages présentés dans les sections parallèles du festival, le cru 2010 ne restera pas dans les annales.

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Et pourtant, tout avait bien commencé. Lors des projections de "The Ghost Writer" de Roman Polanski et de "The Shutter Island" de Martin Scorsese, une kyrielle de stars a défilé sur le tapis rouge. Ewan McGregor, Leonardo di Caprio, Ben Stiller, Shah Rukh Khan… Les midinettes avaient de quoi se réjouir.

Et puis en fin de parcours, l’essoufflement. Un festival au mois de février, avec qui plus est des températures sibériennes, a de quoi laisser un peu froid… De là à sécher la première de son film il n’y a qu’un pas, que Jessica Alba, Kate Hudson et Casey Affleck ont franchi ce vendredi. "The Killer inside me" de Michael Winterbottom, en compétition pour l’Ours d’or, aura été présenté en leur absence. Heureusement que Gérard Depardieu avait fait le déplacement pour présenter "Mammuth" de Gustave de Kervern et Benoît Delépine, donnant ainsi un peu de glamour à cette dernière journée de projection.

Mais le déferlement de stars n’aura pas eu lieu. La profusion de bons films non plus.

Résultat, le jury n’a pas vraiment l’embarras du choix parmi les 20 films en compétition. D’avis de journalistes spécialisés, la sélection de ce festival est l’une des plus pauvres jamais connues. Parmi les rares perles qui ont convaincu aussi bien la presse que le public : "Der Räuber“ de Benjamin Heisenberg, l’un des trois films allemands en compétition, "On the Path" de Jasmila Zbanic, un film sur les conséquences de la guerre en Bosnie, "Bal", le dernier volet de la trilogie du réalisateur turc Semih Kaplanoglu et, bien sûr, "The Ghost Writer" de Roman Polanski, l’absent le plus remarqué de la Berlinale.

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Les festivaliers misaient beaucoup sur "Jud Süss - Un film sans conscience", de l’Allemand Oskar Roehler, une sorte de "making-of" du film de propagande nazie "Juif Süss". Las, le long métrage a été descendu en flèche par la critique qui a crié au "désastre". Peu probable donc qu’il décroche l’Ours d’or. Idem pour "Shahada", du jeune réalisateur germano-afghan Burhan Qurbani, un premier film porté par trois excellents jeunes acteurs, qui illustre la quête identitaire de trois jeunes musulmans à Berlin. A l’instar de nombreux films présentés cette année à la Berlinale, celui-ci s’interroge sans tabou sur la place de l’islam dans les sociétés contemporaines. Mais "Shahada" pêche par trop de bonne volonté cinématographique.

Bilan mitigé donc pour cette 60e Berlinale, même si les spectacteurs étaient au rendez-vous. Plus de 270 000 billets de cinéma ont été vendus pendant la première huitaine du festival.

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