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Culture

Le devoir de mémoire de Tony Gatlif

Texte par Sarah LEDUC

Dernière modification : 25/02/2010

Le réalisateur Tony Gatlif revient dans son dernier film, "Liberté", sur la persécution des Tsiganes en France pendant la Seconde Guerre mondiale - un épisode de l’Histoire trop souvent oublié.

"Liberté", le mot n’existe pas dans la langue tsigane. Mais c’est parce qu’elle est définit l’âme même d’un peuple que Tony Gatlif a choisi d’en faire le titre de son dernier film. La liberté pour Taloche, héros du film incarné par James Thiérée, c’est de pouvoir vivre sur les routes et de voyager au gré du vent sans dire d’où il vient ni où il va. Mais dans la France de Vichy, intolérante aux "gens du voyage", stigmatisés depuis 1912 par le carnet anthropométrique qui les

"J'ai voulu donner d'eux une autre image que celle forgée par la peur et la haine, et qui a conduit directement aux chambres à gaz les gitans, les manouches et les bohémiens, peuple nomade et libre.” Tony Gatlif

fiche comme des criminels, c’est la sédentarisation ou la mort. Un choix impossible qui nourrit le film de Gatlif.

 
Taloche, personnage inspiré du livre "Ces barbelés que découvre l’Histoire" de Jacques Sigot, est interné dans le plus grand camp pour " nomades" de France. Il  négocie sa liberté en s’achetant une petite maison, gage de sa volonté de sédentarisation. Mais ne supportant pas de vivre entre quatre murs, il s’enfuit vers la Belgique. Aussitôt arrêté par la Gestapo, il est déporté à Auschwitz. 
 
La faim, la trouille et l'aide des Justes
 
Le réalisateur de "Gadjo Dilo", auteur de plusieurs films sur les Tsiganes, ne s’appesantit cependant par sur la vie dans les camps. "Toutes les photos des camps nous viennent des bourreaux. Alors j’avais peur que ma caméra soit comme un bourreau. Et je voulais un regard ami. J’ai donc montré les camps de façon très pudique, avec beaucoup de respect", explique-t-il à FRANCE 24.
 
Tony Gatlif dans le Journal de la Culture

C’est le quotidien de la guerre qu’il cherche à montrer, la faim, la "trouille", comme il dit. Mais aussi, et surtout, l’aide des Justes français, la joie éclatante des Tsiganes, la musique.
 
Au-delà de la fiction, le film de Gatlif est historiquement juste. Accusés d’espionnage, les Tsiganes sont interdits de circulation en France le 6 avril 1940, avant  d’être internés dans des camps dès octobre. En 1942, Himmler, numéro 1 de la SS, ordonne leur déportation vers Auschwitz. Dans la nuit du 31 juillet au 1er août 1944, la "Nuit des Gitans", 4 000 Tsiganes sont gazés et brûlés dans le camp d’extermination. Au total, entre 500 000 et 700 000 Tsiganes ont été exécutés par l’Allemagne nazie. En France, ils ont été entre 25 000 et 30 000 enfermés dans des camps, au seul motif d’être nomade.
 
"Une humiliation"
 
"J’espère que ce film pourra être une bougie, une petite lumière dans le trou noir de l’Histoire de France et de l’Europe." Tony Gatlif

Tony Gatlif, tsigane par sa mère et kabyle par son père, qui se définit comme un "déraciné de l’Algérie", revient sur cette histoire trop souvent oubliée, à commencer lors du procès de Nuremberg. De son ouverture au verdict en 1946, aucun Tsigane n’a été invité à témoigner.
 
"C’est un film nécessaire. C’est une histoire qui a été oubliée pendant plus de 70 ans, personne n’en a parlé. Tous les Tsiganes et les gitans d’Europe et de France ont souffert de cette absence de leur histoire. C’est une humiliation", explique Tony Gatlif à RANCE 24.
 
Il arrive au cinéma "de se faire l’avocat des opprimés et de ceux qui n’ont pas la parole", avait rappelé Gatflif lors du Festival des Mondes à Montréal, où "Liberté" a triomphé en septembre. "J’espère que ce film pourra être une bougie, une petite lumière dans le trou noir de l’Histoire de France et de l’Europe."
 
"Liberté", de Tony Gatlif
Sur les écrans le 24 février
Avec James Thiérée, Marie-Josée Croze, Marc Lavoine

 

Première publication : 24/02/2010

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