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Paris accuse Washington de favoriser Boeing au détriment d'Airbus

Avec le retrait du consortium Northrop Grumman-Airbus, le constructeur américain Boeing est assuré de remporter le contrat de 35 milliards de dollars des 179 avions ravitailleurs de l'armée américaine. Au grand dam de Paris et Berlin.

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AFP - Le Pentagone a défendu mardi son appel d'offre pour des avions ravitailleurs contesté par les Européens qui regrettent le retrait d'Airbus, assurant que la procédure avait été équitable entre l'avionneur de Toulouse et son concurrent Boeing.

"Que l'on n'attende pas de nous que nous nous excusions de vouloir donner aux contribuables le meilleur avion correspondant aux demandes de l'armée de l'Air", a déclaré à la presse le porte-parole du Pentagone, Bryan Whitman.

Le constructeur aéronautique américain Boeing est désormais assuré de remporter le méga-contrat de 35 milliards de dollars des 179 avions ravitailleurs de l'armée de l'Air américaine, après le retrait annoncé lundi de son compatriote Northrop Grumman allié à l'européen Airbus.

Ce retrait a déclenché la colère des Européens, notamment Paris, où le ministère des Affaires étrangères a mis en garde Washington contre de "possibles implications". A Berlin, le ministre allemand de l'Economie Rainer Brüderle s'est dit prêt à suivre l'affaire "au niveau de l'Organisation mondiale du commerce".

A l'origine, c'est Boeing qui avait obtenu ce contrat en 2003, mais la révélation d'une collusion avec une employée du Pentagone avait conduit à son annulation. Lors d'un second appel d'offre, Airbus avait emporté la mise début 2008, mais la révélation de plusieurs erreurs dans l'évaluation des offres concurrentes avait conduit à une deuxième annulation.

Le consortium Northrop/Airbus estime que l'appel d'offres a été modifié dans un sens favorable à Boeing car il écarte l'avion plus grand proposé par l'européen.

Mais le porte-parole du Pentagone a rejeté cette accusation.

"Une compétition qui amènerait le ministère de la Défense à payer beaucoup plus cher pour des capacités dont nous n'avons pas besoin ne serait pas une bonne compétition", a-t-il fait valoir.

Lundi soir, le Pentagone s'était dit "déçu" par le retrait de Northrop Grumman et d'Airbus. Dans un communiqué, le vice-secrétaire américain à la Défense, William Lynn, avait assuré que la compétition était "structurée de façon équitable".

Le Pentagone "soutient fortement les liens transatlantiques dans l'industrie de défense", avait-il ajouté.

La tournure de la compétition a également été dénoncée au Congrès. Le représentant républicain Howard McKeon a ainsi appelé Northrop à revenir sur sa décision.

 

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