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Les Colombiens élisent leurs députés et sénateurs

Près de 30 millions de Colombiens votent dimanche pour élire les 102 sénateurs et 166 députés du Congrès. Ce scrutin fait office de test pour le président Alvaro Uribe, qui devra laisser le pouvoir le 30 mai prochain.

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L'élection nationale qui vise à renouveler les membres du Congrès colombien, dimanche, offre peu d’alternatives aux figures politiques locales traditionnelles. Le spectre de la "parapolitica", un trait tristement caractéristique de la politique nationale, se profile, une nouvelle fois, derrière les rares nouveaux candidats. 

Depuis leurs cellules, les députés et chefs d’entreprises condamnés pour leurs liens avec des groupes paramilitaires continuent en effet de tirer les ficelles de la vie publique locale. Ceux-ci ont beau purger de lourdes peines de prison, ils sont en mesure de conserver leur mainmise sur le prochain Congrès grâce à des candidats de substitution, souvent membres de leurs familles. Des hommes de paille que les observateurs ont surnommé "avatars", en référence au blockbuster hollywoodien du même nom.

Condamnations en cascade

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Ce système, baptisé "parapolitica" par les Colombiens, désigne l’infiltration de l’État par des groupes armés illégaux d'extrême droite. Plusieurs enquêtes lancées en 2006 par Bogota ont mis en lumière les liens étroits qui unissent certains d'eux à la sphère politique. Elles ont notamment démontré que les Forces d’autodéfense unies de Colombie (UAC), impliquées dans le trafic de drogue, ont décroché des postes au sein du gouvernement et des services de renseignements, moyennant quelques valises biens garnies...

À la suite de ces révélations, les condamnations sont tombées en cascade. Des dizaines de députés ont été envoyés derrière les barreaux pour avoir trempé dans des assassinats, des massacres ou des déplacements forcés de populations. Parmi eux, le cousin et allié politique du président Alvaro Uribe, l’ancien sénateur Mario Uribe Escobar. Mais les liaisons dangereuses entre paramilitaires et hommes politiques semblent malgré tout perdurer, à tel point qu'elles risquent de peser à nouveau sur le scrutin du 14 mars.

Selon Sol Gaitan, chercheur pour la Commission d’observation électorale (MOE) basée à Bogota, les mesures prises à l’encontre des figures de proue de la "parapolitica" n’ont effectivement pas changé la donne. "Le mécanisme est resté intact, explique-t-il. La différence, c’est qu’au lieu de servir directement le patron, cette machine sert le candidat de son choix."

"[Le trafic de drogue] est un business lucratif, rappelle pour sa part Stephen Donehoo, expert colombien au sein du cabinet international de conseil en stratégies McLarty Associates à Washington. Comme dans d’autres pays, ces groupes font tout pour défendre leurs intérêts. Entrer dans la vie politique du pays est une stratégie efficace", explique-t-il.

Les avatars du PIN

Né en novembre dernier sur les cendres de cinq partis pro-Uribe ruinés par le scandale des "parapoliticas", le Parti de l’intégration nationale (PIN) possède une liste particulièrement fournie d’avatars.

Selon les observateurs locaux et les médias, ce dernier pourrait remporter jusqu’à 14 des 102 sièges du Sénat, et 20 des 166 sièges de la Chambre des représentants. Si ces prévisions se confirment, le PIN se hisserait au niveau des cinq plus grandes formations politiques du pays.

Doris Vega incarne le plus grand espoir du parti au Sénat pour l’État de Santander. Elle est l'épouse de l’ancien sénateur Alberto Gil, qui attend son jugement pour des liens présumés avec des paramilitaires d’extrême-droite au centre de détention de La Picota, à Bogota.

Hector Julio Alfonso Lopez espère, lui, remporter un siège dans l’État de Bolivar. Il est le fils d’une femme d’affaire, Enilse "La Gata" Lopez, assignée à résidence et poursuivie pour son implication dans un massacre, pour blanchiment d’argent lié au trafic de drogue et pour avoir collaboré avec des paramilitaires.

Ces deux "avatars" ne sont que la partie émergée de l’iceberg. Quelques autres partis présentent également des candidats aux relations douteuses, mais le PIN, créé à partir de la fine-fleur de la "parapolitica", montre à quel point le crime organisé a infiltré la politique colombienne.
 

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