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Reporters

Les migrants, nouvelles proies des cartels de la drogue

Traverser le Mexique, sur le toit d’un train de marchandises, à la merci des intempéries et des autorités... le périple des migrants centro-Américains qui tentent de se frayer un chemin jusqu’aux États-Unis est semé d’embûches. Mais un danger encore plus grand les terrorise : dans le sud du pays, le long de la voie, un cartel de la drogue sanguinaire profite de la faiblesse de ces voyageurs.

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“Nous étions enfermés dans une petite chambre où ils avaient réglé la climatisation au plus froid. Ils nous arrosaient d’eau glacée avec un tuyau ; nous tremblions de froid en permanence. Et ils prenaient des photos pour les envoyer par e-mail à nos familles et leur faire peur, pour qu’ils paient plus vite la rançon. On est restés trois jours sans manger… L’un de nous ne pouvait pas payer. Il n’avait pas de famille au pays. C’était un Salvadorien. Ils l’ont tué sous nos yeux en le frappant à la tête…”

Voici le témoignage d’un migrant hondurien qui, contrairement à beaucoup de ses compagnons de voyage, a osé raconter son calvaire à une association de droits de l’Homme. Un récit, parmi des milliers d’autres, qui tous font état de tortures physiques et psychiques.

Vingt mille enlèvements par an répertoriés, sans doute beaucoup plus en réalité ; cela fait plus de cinquante cas par jour. A raison de 2500 dollars de rançon en moyenne pour chaque migrant, ce nouveau “marché” des enlèvements rapporte au cartel de Los Zetas cinquante millions de dollars par an ; c’est plus qu’il n’en faut pour s’acheter le silence ou la collaboration de la police, des autorités, ou des conducteurs de train…

Les Zetas sont armés, et surtout, infiltrés ; dans chaque ville et village, ils ont leurs petites mains qui les aident à préparer leurs opérations et à échapper aux autorités.

Leur modus operandi est bien connu et imparable : ils arrêtent un convoi dans un endroit isolé, font descendre leurs victimes et les emmènent dans ce qu’on appelle pudiquement une “casa de seguridad” ; un bâtiment, maison, ranch ou cabane, où ils les enferment, exigent qu’ils donnent les numéros de téléphone de leur famille. Ils seront torturés jusqu’à ce que leurs proches paient la rançon.

Une fois libérées, la plupart des victimes ne pensent qu’à une chose : fuir, se remettre au plus vite en route. Sans papiers, donc illégaux sur le territoire mexicain, ils ne veulent pas passer des mains des Zetas aux mains des autorités. Les rares migrants qui portent plainte savent qu’ils devront rester sur place pour les besoins de l’enquête… tout en sachant qu’il y a très peu de chances pour qu’elle aboutisse. Les Zetas ont soigneusement infiltré la police dans le sud du pays. La boucle est bouclée…

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