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FRANCE

Les huîtres de Charente-Maritime interdites à la consommation

Texte par : Dépêche
3 min

La préfecture de Charente-Maritime a interdit la consommation de tous les coquillages, dont les huîtres, en provenance de la baie de l'Aiguillon. En cause : une toxine probablement liée à la tempête Xynthia qui a touché la France fin février.

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AFP - Moins d'un mois après avoir été frappés par le passage de la tempête Xynthia, les ostréiculteurs charentais doivent faire face depuis vendredi à un nouveau coup dur: l'interdiction de la vente de leur produits après la détection d'une toxine.

"Je suis KO debout (...) c'est un nouveau coup de massue pour la profession et la situation est très inquiétante", a affirmé samedi à l'AFP, François Patsouris, président de la section régionale conchylicole (SRC) de Poitou-Charentes.

Vendredi, la préfecture de la Charente-Maritime a interdit la consommation de tous les coquillages, notamment les huîtres, en provenance du littoral charentais. La même interdiction pour les coquillages issus du littoral de Vendée, annoncée vendredi soir par le ministère de l'Agriculture, a finalement été ramenée à ceux provenant de la zone de la baie de l'Aiguillon, soit 5 zones de production sur 10 au total.

Seules sont concernées les zones de production du Perthuis breton, la Tranche-sur-Mer et la Faute-sur-Mer, la rivière de Lay, l'Aiguillon et l'estuaire de la Sèvre niortaise.

"Les exploitants concernés ont procédé au retrait et rappel de la commercialisation des coquillages récoltés dans ces zones depuis le 17 mars 2010", selon un communiqué du ministère de l'Agriculture.

Selon M. Patsouris, les analyses révélant la présence de cette toxine, ont été effectuées en mer et sur des moules. "Les huîtres que nous commercialisons proviennent des claires - d'anciens marais salants dans lesquels elles sont affinées - et aucune analyse ne prouve que les claires ont été impactées", a affirmé le président de la SRC, qui a préféré appliquer le principe de précaution.

De nouvelles analyses doivent être effectuées lundi au niveau des claires, selon M. Patsouris, qui espère que la vente sera à nouveau autorisée d'ici quinze jours.

Les zones d'interdiction correspondent à celles touchées par la tempête Xynthia, fin février. "Il est possible que ce soit lié aux conséquences du raz de marée qui a entraîné un dérèglement de l'éco-système", a avancé M. Patsouris.

Lors de la tempête, la mer est montée brutalement, provoquant d'énormes dégâts sur les installations du millier d'ostréiculteurs charentais.

"Pour le moment, l'ensemble des dégâts pour l'ostréiculture ne sont pas tous quantifiés", a-t-il affirmé.

Les parcs situés en mer, soit 3.000 hectares, ont également été endommagés mais les professionnels attendent les grandes marées de la fin mars "pour faire une évaluation précise des dommages car depuis fin février, la mer n'est pas redescendue", a précisé M. Patsouris.

Le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, a annoncé une aide de 20 millions d'euros afin d'aider à la reconstitution la plus rapide possible des matériels ostréicoles.

"Il s'avère que nous n'avons toujours pas reçu les feuilles d'indemnisation tempête promises par l'Etat", s'est inquiété M. Patsouris. Selon lui, les professionnels sont déjà dans une situation économique difficile en raison notamment d'une surmortalité des huîtres en 2008 et 2009 provoquée par un virus.

Le président UMP du conseil général de la Charente-Maritime, Dominique Bussereau, et la présidente PS de la Région Poitou-Charentes, Ségolène Royal, ont également fait part de leur préoccupation quant aux aides pour la profession.

Quelque 70.000 tonnes d'huîtres sont commercialisées chaque année par les ostréiculteurs charentais, soit une part importante de l'économie de ce département.

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