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ITALIE

Les élections régionales, un test pour Berlusconi

Texte par : Dépêche
3 min

Les régionales qui se dérouleront dimanche et lundi ont pris valeur de test national pour le président du Conseil, dont la cote de popularité est en baisse. Une forte abstention pourrait pénaliser son parti et renforcer la Ligue du Nord.

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AFP - Silvio Berlusconi peut redouter une hausse de l'abstention lors des régionales de dimanche et lundi, susceptibles de pénaliser son parti et de renforcer la Ligue du Nord, son allié encombrant qui pourrait prendre l'ascendant au sein de la coalition gouvernementale italienne.

Le scrutin a lieu dans 13 des 20 régions mais il a pris valeur de test national pour le gouvernement Berlusconi, au pouvoir depuis deux ans, car ce sera le seul d'ici aux législatives de 2013.

Comme à chaque échéance électorale, le chef du gouvernement "a transformé ce vote en plébiscite" en s'impliquant à la première personne, note le politologue français Marc Lazar, spécialiste de l'Italie.

Avec une popularité en recul (44%) mais que "beaucoup de leaders européens lui envient", selon M. Lazar, le magnat des médias s'est dépensé sans compter: interviews à la télévision et à la radio, participation à des meetings du nord au sud de l'Italie.

Objectif: éviter que les électeurs ne désertent les urnes, en particulier ceux de sa formation, le Peuple de la liberté (PDL).

Le PDL a en effet été discrédité par l'arrestation en février d'élus surpris en train de toucher des pots-de-vins. Puis début mars, les dépôts de listes du PDL en Lombardie (région de Milan) et dans le Latium (Rome) ont fait l'objet de cafouillages (signatures non authentifiées, remise hors délai).

Nando Pagnoncelli, de l'institut Ipsos, confirme "un risque de montée de l'abstention", dû à "la forte préoccupation pour l'emploi et à l'impression que la classe politique et les médias parlent de toute autre chose que de la crise".

Toutefois, selon l'éditorialiste du Corriere della Sera Massimo Franco, la majorité "veut croire à une inversion de tendance" depuis sa grande manifestation samedi à Rome et anticipe un recul de la participation limité à "4 ou 5 points" (71,4% en 2005).

Silvio Berlusconi a d'ores et déjà revu à la baisse ses ambitions: s'il visait initialement 6 régions contre 7 pour l'opposition de gauche, il mise désormais sur 4 victoires (la Lombardie et la Vénétie, deux fiefs de la droite, auxquelles viendraient s'ajouter la Campanie et la Calabre).

"Il suffira à Berlusconi de deux régions de plus qu'avant pour parler de triomphe", estime M. Lazar, en rappelant qu'en 2005 Berlusconi et sa coalition n'avaient obtenu que deux régions.

Cinq, dont la Toscane et l'Emilie-Romagne, devraient rester dans l'escarcelle du centre-gauche, dont la principale force, le Parti démocrate, "voit son indice de confiance remonter", selon M. Pagnoncelli.

Quatre autres actuellement aux mains de l'opposition peuvent basculer: le Piémont, suivi de la Ligurie, des Pouilles et du Latium, selon les politologues.

Dans le Latium, la bataille opposera deux femmes, l'ex-commissaire européenne Emma Bonino et la syndicaliste de droite Renata Polverini.

Mais les regards seront braqués lundi sur le Piémont, où le candidat de la droite, Roberto Cota, un quadragénaire de la Ligue du Nord, est au coude à coude avec sa rivale de gauche Mercedes Bresso.

Dans une interview, le chef de ce mouvement anti-immigrés, Umberto Bossi, a jugé "assez logique" que sa formation progresse et puisse dépasser le PDL dans le nord (Vénétie, Piémont, Lombardie). Au risque de faire tanguer la coalition gouvernementale "car la Ligue fera payer très cher l'addition" à Berlusconi, observe M. Lazar, notamment pour accentuer l'autonomie régionale déjà forte (santé, écoles, impôts).

Une Ligue trop puissante pourrait aussi pousser vers la sortie l'autre allié important de Berlusconi, le président de la Chambre des députés Gianfranco Fini, cofondateur du PDL.

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