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Tempête de sable et belle étoile

Laure Manent et Valérie Defert de France 24 participent au Rallye Aïcha des Gazelles, une course automobile 100% féminine sans aucun critère de vitesse, basée sur la navigation "à l'ancienne" dans le désert marocain. Suivez leurs aventures en images

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Après une journée sans compteurs kilomètriques fiable, tout est rentré dans l'ordre... avant un nouvel ennui mécanique.

Hier, départ à Chegaga, un vaste champ de dunes près de Foum Zguid, de la deuxième étape marathon : deux jours d'épreuve consécutifs sans bivouac, donc seules dans le désert en autonomie.

(Photo Laure Manent, Valérie Defert)

Lors du premier jour, alors que nous progressions vers la deuxième balise, située au milieu des dunes, le vent a commencé à se lever et quelques minutes plus tard, nous avons perdu notre embrayage. La boîte de vitesse bloquée, nous ne pouvions "accélérer" que jusqu'à 22km/h maximum. Nous n'avions plus non plus de vitesses courtes, celles qui sont indispensables dans les dunes pour passer les obstacles. Le vent a forci et s'est transformé en une véritable tempête de sable.

Comme nous ne pouvions plus avancer de dune en dune, Valérie est sortie pour ouvrir le chemin en repérant les passages entre les dunes. La visibilité s'est réduite considérablement et nous avons perdu le contact visuel entre Valérie, en éclaireur dans les dunes, et moi dans la voiture.

Heureusement, quelques minutes plus tard nous nous sommes retrouvées et avons décidé de laisser tomber cette technique, trop dangereuse. Nous allions attendre la fin de la tempête quand nous avons réalisé que notre balise fermait quelques minutes plus tard. Nous avons décidé de tenter le tout pour le tout en nous fixant vaguement un cap (sans amer, évidemment) et en "fonçant" à 20 km/h. A 16h57, nous avons trouvé droit devant nous le drapeau qui flottait dans le vent, le sable et le soleil couchant droit devant nous. Nous nous sommes littéralement jetées hors de la voiture pour faire valider notre présence avant la fermeture à 17h avant d'apprendre qu'il ne s'agissait pas de la 2B mais de la 2E.

Nous avons finalement réussi à sortir de l'erg (champ de dunes) et appelé la mécanique vers 18h. Le soleil étant couché, ils ne sont venus que le lendemain à 6h30 après une nuit à la belle étoile.

(Photo Laure Manent, Valérie Defert)

Après 2h de démontage, ils n'ont pas réussi à réparer. Nous avons décidé de nous diriger vers la balise suivante en prenant un maximum de précautions et en évitant autant que possible les dunes. A quelques kilomètres de la balise 6, située au milieu d'autres dunes, nous avons du renoncer. Le risque de devoir se faire tracter par une voiture d'assistance - et de se retrouver ainsi hors classement - était trop grand. Nous avons préféré retourner au bivouac.

Déception de finir sur une telle note et de dégringoler dans le classement mais au final, nous avons réussi à franchir la ligne d'arrivée et à obtenir le plus important : 6 écoles pour les enfants marocains.

 

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