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AUTOMOBILE

Le Turc Alphan Manas propose de racheter 15 % d'Heuliez

Texte par : Dépêche
4 mn

Après un mois de tractations, l'homme d'affaires turc Alphan Manas propose de ne racheter que 15 % du capital de l'équipementier automobile français Heuliez. Une offre qualifiée d'"insuffisante" par le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi.

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AFP - Après un mois de suspense, l'homme d'affaires turc Alphan Manas n'a finalement proposé de racheter que 15% du capital de l'équipementier automobile Heuliez, au bord du dépôt de bilan, une offre aussitôt qualifiée "d'insuffisante" par le ministre de l'Industrie.

Dans cette opération, l'homme d'affaires entend s'appuyer sur deux partenaires: Manas Energy Investments, société codétenue par Alphan Manas, s'est alliée pour cette offre au fabricant turc de batteries Inci Akü et à l'équipementier turc B Plas.

La proposition porte à la fois sur 15% des parts de l'équipementier, qui emploie 600 salariés, et sur la marque de sa future voiture électrique, "Mia", qui serait produite dans l'usine de Cerizay (Deux-Sèvres) tandis que les nouveaux modèles seraient dessinés en Turquie.

"Nous prenons des risques, mais nous voulons aussi voir des sociétés françaises prendre des risques", a expliqué Alphan Manas à l'AFP, faisant valoir que son investissement représentait "un montant à deux chiffres en millions d'euros".

"C'est insuffisant", a commenté Christian Estrosi, précisant que les 15% du capital équivalaient à "10 millions d'euros".

"Nous avons besoin d'étudier d'autres dossiers qui pourraient venir compléter son offre", a ajouté le ministre. "Il faut qu'il y ait un industriel qui aille plus loin que les seuls 15%".

Selon lui, des "industriels français, américains, allemands ont fait connaître leur intérêt".

Le président d'Heuliez, Emilio Gallucio, juge aussi que l'offre de M. Manas "ne garantit pas suffisamment la pérennité de l'entreprise" et son maintien en France. Il affirme négocier parallèlement avec d'autres investisseurs et il espère "aboutir rapidement à une solution".

Même tonalité du côté des salariés, qui ont découvert la nouvelle par la presse: "Cette proposition est inacceptable. Ces 15% ne veulent rien dire, on ne sait pas ce que cela représente. Ce n'est pas crédible", a déclaré Gilles Bineau, représentant CFDT, au nom de l'intersyndicale.

Alphan Manas, à la tête du fonds d'investissement Brightwell, présent dans le solaire, les bateaux de plaisance ou dans l’électronique, avait signé mi-mars un protocole d'accord pour prendre une participation dans Heuliez.

Il devait au départ investir environ 15 millions d'euros, dans le cadre d'un tour de table de 30 millions d'euros, dans lequel il était prévu que les pouvoirs publics -Etat, Région- restent actionnaires minoritaires.

La région Poitou-Charentes, présidée par Ségolène Royal (PS), a déjà mis 5 millions d'euros à disposition d'Heuliez et le Fonds stratégique d'investissement (FSI), créé l'an dernier pour prendre des participations dans des entreprises, pourrait investir 10 millions d'euros.

"L'Etat, plus que jamais, continue à préserver les 10 millions d'euros du FSI, aux côtés des 5 millions de la région Poitou Charentes", a assuré M. Estrosi.

Ces derniers mois, sur fond d'élections régionales, le ministre et la région se sont beaucoup impliqués dans ce dossier qui a connu moult rebondissements.

En difficulté depuis plus d'un an, la PME de Cerizay avait d'abord cru être sauvée en juillet par le cabinet de conseil BKC (Bernard Krief Consulting), dirigé par Louis Petiet, spécialiste de la reprise d'entreprises en difficulté et élu local UMP. Mais il s'est avéré incapable de verser les fonds promis.

Les pouvoirs publics s'étaient alors lancés à la recherche de nouveaux investisseurs pour éviter un dépôt de bilan.
 

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