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Hamid Karzaï prend ses distances avec les Occidentaux

À l'occasion d'une assemblée traditionnelle réunissant quelque 1 500 dignitaires tribaux à Kandahar, le président Hamid Karzaï s'est défendu d'être une "marionnette" entre les mains de ses alliés étrangers. La Maison Blanche exige des explications.

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REUTERS - Le président Hamid Karzaï, déjà épinglé pour des propos antioccidentaux, a pris ses distances envers ses alliés étrangers en déclarant dimanche à des dignitaires tribaux que les Afghans devaient voir que leurs dirigeants n’étaient pas des « marionnettes ».

S’adressant à 1.500 chefs locaux lors d’une « choura » (assemblée traditionnelle) dans la ville méridionale de Kandahar, Karzaï a affirmé qu’il s’opposerait à une offensive programmée de l’Otan dans cette région si celle-ci n’avait pas le soutien des populations.

Le général Stanley McChrystal, commandant des forces américaines et de l’Otan venu à Kandahar avec Karzaï, est resté assis derrière lui à la tribune sans prendre la parole.

« La situation s’arrangera en Afghanistan quand son peuple sera persuadé que son président est indépendant (...), quand il croira que le gouvernement est indépendant et non pas une marionnette », a dit Karzaï, ajoutant que le gouvernement ne devait pas laisser des « étrangers » se mêler de ses affaires.

« L’autre jour, j’ai dit à M. Obama que je ne pouvais pas remettre sur pied ce pays par la guerre. Cette situation dure depuis huit ans, nous voulons la paix et la sécurité (...) Je m’engage de toutes mes forces à ramener la paix dans ce pays. »

Le président américain Barack Obama a rencontré Karzaï à Kaboul la semaine dernière lors d’un bref passage en Afghanistan, sa première visite dans le pays depuis son entrée en fonctions début 2009. Mais le président afghan a prononcé peu après un discours à connotations antioccidentales.

La Maison blanche a exigé des explications de Karzaï, celui-ci ayant accusé des étrangers d’être à l’origine de fraudes électorales, de corruption de fonctionnaires et de tentative pour affaiblir son gouvernement et lui-même.

Entreprise politico-militaire

Celui qui fut le protégé des Occidentaux se les est aliénés en partie ces dernières années, surtout après avoir été réélu en août dernier à l’issue d’un scrutin entaché de fraude.

Cette dégradation risque de compliquer une stratégie anti-insurrectionnelle qui suppose un soutien accru des troupes de l’Otan au gouvernement de Karzaï.

Les forces alliées préparent pour les prochains mois la plus grande opération montée en huit ans de guerre dans la région de Kandahar - principal centre urbain du Sud afghan, berceau du mouvement des taliban et bastion de la famille de Karzaï.

Dans son discours, Karzaï a promis de consulter les tribus avant l’opération et de la stopper si elles ne l’approuvent pas.

« En ce moment, les étrangers parlent d’une opération à Kandahar. Je sais que vous êtes inquiets, n’est-ce pas ? », a-t-il demandé.

« Oui, nous le sommes ! », ont répondu quelques participants.

« Eh bien, si vous êtes inquiets, il n’y aura pas d’opération », a dit Karzaï.

Le général William Mayville, chargé des opérations de l’Otan, a minimisé la portée de ces propos en notant que le président était « embarqué » pour cette opération et cherchait seulement à rallier des soutiens locaux.

« Ce qui compte, c’est ce que pensent les 1.300 personnes présentes dans cette salle. (Karzaï) a reconnu qu’il était le commandant en chef, c’est une chose utile », a dit Mayville.

A la différence de la grande offensive engagée en février dans la province du Helmand, les responsables militaires notent que celle de Kandahar se mettra en place progressivement.

La plupart des chefs tribaux réunis dimanche pour écouter Karzaï ont exprimé un message clair: « Venez, mais restez. »

« Nous voulons que les forces étrangères lancent une opération à Kandahar, mais pas comme avant: s’ils engagent une opération, il faut qu’ils éradiquent les taliban », a déclaré Hajji Habibullah, représentant du district rural d’Arghandab, aux portes de Kandahar.

« Jusqu’ici, ils venaient quelques jours dans un village, livraient quelques combats avec les taliban et repartaient en laissant les habitants aux mains des taliban. »

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