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Au moins 15 morts dans des attentats attribués au groupe Abou Sayyaf

Les autorités locales de l'île de Basilan (sud) ont annoncé que les attentats à la bombe, ce mardi, et les échanges de tirs qui s'en sont suivis ont causé la mort d'au moins 15 personnes. L'armée accuse la milice islamiste Abou Sayyaf.

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AFP - L'armée philippine a attribué au groupe islamiste Abou Sayyaf, lié à Al-Qaïda, des attentats à la bombe suivis d'échanges de tirs qui ont fait au moins 15 morts, dont cinq assaillants, mardi sur l'île de Basilan (sud).

Des hommes armés, vêtus d'uniformes policiers, ont fait exploser deux bombes contre un bâtiment gouvernemental et une église d'Isabela, capitale de l'île de Basilan, avant d'engager les hostilités avec les forces de sécurité.

Le maire d'Isabela, Cherry Akbar, a fait état de 15 morts confirmés, dont cinq assaillants apparemment tués dans l'explosion d'une de leurs bombes.

"Je pense que (cet attentat) visait à faire des dégâts... On peut vraiment parler de terrorisme", a déclaré le général Juancho Sabban, chef du corps des Marines philippins.

"Les victimes ont été abattues par le groupe Abou Sayyaf", a assuré le général Ben Dolorfino, chef régional de l'armée.

Six civils ont été tués dans les explosions, tandis que trois soldats et un policier ont trouvé la mort dans les échanges de tirs avec les rebelles, a précisé M. Akbar.

Deux bombes de fabrication artisanale ont explosé, alors que l'attaque a été menée par au moins 25 hommes armés, a ajouté le général.

Le premier engin, dissimulé dans une camionnette, a explosé vers 10h30 (02h30 GMT) à l'extérieur d'un bâtiment du ministère de l'Education, a déclaré plus tôt Antonio Mendoza, chef de la police provinciale.

Le second engin, fixé sur une moto garée à proximité de la cathédrale d'Isabela, a explosé quelques minutes plus tard, alors que les forces de sécurité pourchassaient les assaillants. L'explosion a "fortement endommagé l'église", a déclaré M. Mendoza.

Les rebelles ont ensuite tiré sur les civils qui tentaient de se mettre à l'abri avant de poursuivre les combats durant au moins trois heures dans les faubourgs d'Isabela.

Le gouvernement de Manille peine à faire régner l'ordre dans la région de Mindanao où opèrent plusieurs mouvements de rébellion et à laquelle appartient Basilan, île pauvre de 500.000 habitants.

Hormis la Nouvelle armée du peuple (NPA), en lutte depuis près de 40 ans pour l'instauration d'un Etat communiste, une rébellion séparatiste musulmane est également très active.

Plusieurs groupes islamistes, dont les rebelles d'Abou Sayyaf évalués à environ 400 personnes, opèrent sur les îles de Basilan et Jolo.

Les autorités les accusent de liens avec Al-Qaïda et avec le groupe Jamaah Islamiyah (JI), soupçonné d'avoir fomenté l'attentat ayant fait 202 morts sur l'île indonésienne de Bali en 2002. Ils sont également accusés d'un attentat contre un ferry à Manille dans lequel une centaine de personnes avaient péri en 2004.

Les rebelles d'Abou Sayyaf se sont spécialisés dans les enlèvements d'étrangers et de chrétiens avec demandes de rançons.

Depuis 2001, des centaines de soldats américains ont été envoyés à Mindanao pour y entraîner l'armée philippine afin de combattre Abou Sayyaf.

Le chef national de la police, Jesus Verzosa, avait indiqué récemment que le groupe islamiste avait de plus en plus recours à des bombes artisanales, après avoir subi des revers sur le terrain.

En mars, trois soldats avaient éte blessés à Basilan dans l'explosion d'une mine attribuée à Abou Sayyaf. Deux autres mines placées sur une route avaient également tué un soldat et blessé 12 autres personnes dans des attentats quasi-simultanés en février toujours sur Basilan.

En septembre 2009, deux soldats américains et un soldat philippin avaient également trouvé la mort dans l'explosion d'une bombe artisanale durant une mission sur l'île voisine de Jolo.
 

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