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Le pays célèbre les 30 ans de son indépendance

Le Zimbabwe célèbre, ce dimanche, trois décennies d'indépendance. Mais le pays, autrefois considéré comme un joyau, est désormais plus que terni. Alors que l'espérance de vie a chuté de 61 à 45 ans, Robert Mugabe continue de s'accrocher au pouvoir...

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AFP - A la veille de l'indépendance du Zimbabwe, il y aura 30 ans dimanche, le président tanzanien Julius Nyerere avait déclaré au futur dirigeant du pays, Robert Mugabe: "Vous héritez d'un joyau. Préservez-le!" Mais depuis, l'euphorie a tourné au cauchemar.

Trois décennies plus tard, le président Mugabe, âgé de 86 ans, est toujours aux commandes, même s'il partage depuis un an le pouvoir avec son ancien rival Morgan Tsvangirai. Le joyau zimbabwéen, lui, a perdu de son lustre.

La majorité des Zimbabwéens n'a pas connu les premières années d'indépendance: l'espérance de vie, alors de 61 ans, a chuté à 45 ans. 41% de la population a moins de 15 ans. 80% vit dans la pauvreté.

Le 18 avril 1980, l'euphorie régnait pourtant: la Rhodésie du Sud, colonie britannique renégate mené par le régime raciste de Ian Smith, cédait la place au Zimbabwe, mettant fin à une guérilla de sept ans qui a fait 27.000 morts.

La star du reggae Bob Marley, invitée aux célébrations, interprète son célèbre "Zimbabwe" devant le Prince Charles. Le monde salue la naissance d'un modèle pour l'Afrique.

L'ancien chef de guerre Mugabe opte pour une politique de réconciliation raciale et invite les Blancs à participer au gouvernement.

L'économie décolle. Le nouveau régime investit dans des écoles et des hôpitaux pour tous, faisant des Zimbabwéens l'une des populations les plus lettrées du continent.

"Les années 1980 et le début des années 1990 étaient riches de promesses", rappelle Eldred Masunungure, de l'Université du Zimbabwe.

Dans tous les domaines, "les graphiques montrent des courbes à la hausse pendant la première décennie" de l'indépendance, souligne-t-il. Puis ce fut la stagnation. La troisième décennie "fut un cauchemar."

Selon l'analyste, le retournement date de 1997, quand Mugabe cède devant des manifestations violentes de vétérans de la guerre d'indépendance, sur une affaire de pensions.

L'opposition s'organise, avec la formation du Mouvement pour le changement démocratique (MDC). Puis, en 2000, Mugabe perd un referendum.

Il se tourne vers le populisme et laisse les vétérans envahir les fermes commerciales, pour la plupart dirigées par des Blancs. Plus de 4.000 exploitants blancs quittent leurs terres dans la précipitation et la violence.

La chute du secteur agricole emporte toute l'économie. L'hyperinflation atteint des records, la production tombe au point mort. L'ancien exportateur alimentaire devient dépendant de l'aide internationale.

Et les Occidentaux condamnent celui qu'ils ont porté aux nues. En 2002, après des élections controversées, ils imposent des sanctions contre le cercle au pouvoir, qui achèvent d'enfermer Mugabe dans la paranoïa.

Le régime s'isole. Les journalistes étrangers sont expulsés, les opposants enfermés, l'ancienne puissance coloniale diabolisée.

"Il y a une certaine part de vérité dans ce que dit Mugabe lorsqu'il affirme que (les invasions de fermes) sont une affaire de premier plan parce que ce sont des Blancs, et non des Noirs, que l'on chasse de leurs terres", explique le professeur Teddy Brett, de la London School of Economics (LSE).

Les petits paysans noirs auxquels on arrache la terre dans d'autres pays d'Afrique "n'ont pas de député au Parlement (britannique) parmi leur famille proche", relève-t-il.

En 2008, les Zimbabwéens semblent prêts à tourner la page. Lors d'élections, ils donnent la majorité au MDC. Mais le régime s'accroche par la violence.

Finalement, sous la pression régionale, Mugabe accepte en février 2009 de former un gouvernement d'union. Des élections pourraient être convoquées dans un an.

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