Accéder au contenu principal
BRÉSIL

Le controversé barrage de Belo Monte fait un pas de plus vers sa réalisation

Texte par : Dépêche
4 mn

Après une âpre bataille judiciaire, le consortium Norte Energia a remporté l'appel d'offres pour la construction d'un barrage en Amazonie malgré l'opposition des écologistes. Le barrage entraînera le déplacement d'au moins 20 000 familles.

Publicité

AFP - Un consortium brésilien à dominante publique a remporté mardi l'appel d'offres pour la construction en Amazonie du gigantesque barrage de Belo Monte, infligeant une défaite aux écologistes et aux indiens qui ont tenté jusqu'au bout de s'opposer à ce projet jugé dévastateur.

Le consortium Norte Energia, dirigé par une filiale du brésilien Electrobras (publique), a été choisi à l'issue d'une bataille judiciaire à rebondissements.

La justice fédérale a finalement rejeté mardi plusieurs recours présentés par un tribunal de l'Etat amazonien du Para, qui avaient eu pour effet de suspendre l'appel d'offres.

Pour autant, les opposants ne renoncent pas. "Nous n'allons pas nous décourager, nous continuerons à manifester", a déclaré à l'AFP Renata Pinheiro, du mouvement Xingu Vivo.

Ils ont annoncé leur intention d'occuper les terres qui seront inondées par ce barrage hydroélectrique conçu comme le troisième plus grand au monde.

Belo Monte va inonder 500 km2 de terres et détourner sur 100 km les eaux du Rio Xingu, une région où vivent de 20.000 à 30.000 familles, selon Greenpeace.

Dans la matinée, des militants de Greenpeace ont déversé trois tonnes de fumier devant l'Agence nationale d'énergie électrique (ANEEL) à Brasilia. Des manifestations ont également eu lieu dans huit autres villes du Brésil, notamment à Altamira où sera construit le barrage.

La cause des opposants à Belo Monte, soutenus par l'Eglise catholique, a gagné une notoriété internationale quand le réalisateur de la fresque écologique "Avatar", le Canadien James Cameron, est venu au Brésil dénoncer le barrage, au côté de l'actrice Sigourney Weaver. Le chanteur britannique Sting est aussi un opposant de longue date.

Norte Energia l'a emporté sur le consortium Belo Monte Energia, également mené par des entreprises publiques, en proposant un prix pour la vente d'énergie à 77,9 reais par Megawatt/heure (44 dollars). Le prix plafond était de 83 reais (47 dollars).

Norte Energia est dirigé par la Compagnie hydroélectrique du Sao Francisco, une filiale de l'entreprise publique Eletrobras, avec une participation de 49,98%, et huit autres entreprises privées, notamment de travaux publics.

Le consortium Belo Monte est dirigé quant à lui par les entreprises publiques Furnas Centrais Eletricas et Eletrosul Centrais Eletricas.

Pour un coût de construction de 11,2 milliards de dollars, Belo Monte devrait produire dans dix ans 11.000 MW, de quoi alimenter 20 millions de foyers. Il deviendra le deuxième plus grand barrage du Brésil, après Itaipu (14.000 MW) dans le sud du pays, et le troisième au monde après celui des Trois Gorges, en Chine (18.000 MW).

La construction du barrage est défendue par une partie de la population locale qui espère bénéficier des 18.000 emplois directs et 80.000 indirects qui seront générés par le projet, selon le gouvernement.

Le gouvernement du président Luiz Inacio Lula da Silva fait valoir que le barrage est indispensable pour répondre aux besoins énergétiques du pays, qui doivent être multipliés par 2,5 d'ici à 2030.

L'énergie hydroélectrique représente 73% de l'énergie produite aujourd'hui par le pays sud-américain.

 

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.