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À deux pas de Wall Street, Obama plaide en faveur de la réforme financière

Lors d'un discours à l'université privée de Cooper Union, le président Barack Obama a défendu son projet de réforme financière destinée à établir une régulation financière qui éviterait une crise économique similaire à celle de 2008-2009.

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Barack Obama ne veut pas croire que l’Histoire est condamnée à se répéter. Lors d’une allocution, jeudi, le président américain s’en est pris à ceux qui s’opposaient à son projet de réforme financière en avertissant que si "nous laissons passer cette occasion" la crise économique pourrait très bien se reproduire.

Le projet, présenté par Barack Obama comme "la plus importante réforme financière depuis les années 1930", doit être discuté au Sénat, où les républicains disposent d’une minorité de blocage. Le texte a déjà été voté par la Chambre des représentants, où les démocrates sont majoritaires. Contrairement à la réforme du système de santé, comme le rappellent certains commentateurs, le président a décidé de mettre le plus tôt possible tout son poids politique dans la bataille.

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Sur les pas de Lincoln

C’est pourquoi il s’est rendu à deux pas de Wall Street, le poumon du système financier américain, pour y porter ses piques contre les dérives de la Bourse. "Un marché libre n’a jamais voulu dire un permis de prendre tout ce que vous pouvez prendre", a-t-il déclaré en référence aux excès supposés des pratiques spéculatives qui ont contribué à aggraver la crise économique de 2008 et 2009.

"Je suis heureux d’être aussi près de Wall Street pour m’adresser à vous", a souligné le président américain devant un parterre rassemblant des représentants du monde financier, universitaire et syndical. De fait, le lieu que le chef de l’Etat américain a choisi pour s’exprimer est en lui-même symbolique. L’université privée de Cooper Union, où Barack Obama avait déjà pris la parole en 2008, est considéré comme un haut lieu pour les grands discours. Abraham Lincoln, l’un des présidents les plus influents de l’histoire américaine, y avait prononcé en 1860 un discours qui, selon certains, lui avait assuré la présidence.

Epargner les contribuables

Pendant près d’une demi-heure, Barack Obama a exposé les grandes lignes du projet de réforme financière. Le président a tout d’abord insisté sur la nécessité de mettre en place un "système qui permettrait de fermer des grands groupes sans trop de dommages collatéraux". Ainsi que sur celle de faire porter le poids de ces faillites sur les "épaules des institutions financières" plutôt que sur celles des "contribuables".

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Barack Obama a ensuite appelé "à plus de transparence" sur les marchés financiers. Il a demandé à ce que les transactions sur des produits financiers compliqués et à hauts risques puissent être contrôlées. Il ne veut plus que "des grandes banques puissent faire des paris insensés avec des produits financiers compliqués."

De l’eau dans le vin des républicains

Enfin, le locataire de la Maison Blanche a évoqué la création d’une agence qui "protégerait les gens ordinaires" contre les dérives du marché. Mais sans entrer dans les détails. Une autorité publique qui surveillerait les opérations sur les marchés financiers, telle que le prônent plusieurs représentants démocrates, risque d’être vigoureusement combattue par les sénateurs républicains, qui considèrent généralement ces institutions comme les expressions d’un étatisme peu apprécié aux Etats-Unis.

La bataille au Sénat s’annonce donc serrée. Mais certains indices laissent à penser que l’opposition pourrait être prête à mettre de l’eau dans son vin. Une loi, qui impose des restrictions à l’utilisation de certains produits financiers à risque, a été adoptée au Sénat, mercredi. Les révélations sur d’éventuelles pratiques douteuses de la banque Goldman Sachs ont davantage terni l’image des grandes institutions financières dans l’opinion publique américaine. Autant d’éléments qui ont poussé la Maison Blanche a expliqué mercredi que les discussions entre représentants des deux bords permettraient de trouver des points d’accord.

 

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