Accéder au contenu principal

Pourquoi l'arrondissement BHV pose problème

Comment l'arrondissement électoral et judiciaire de Bruxelles-Hal-Vilvorde (BHV) est-il devenu l'élément déclencheur de la nouvelle crise politique qui secoue la Belgique ?

Publicité

REUTERS - L'arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde (BHV), dont le sort provoque une grave crise politique en Belgique, illustre la complexité des relations entre Flamands et francophones de Belgique.

"BHV" est une conséquence de la fixation, en 1962, de la frontière linguistique entre les deux communautés du pays exigée par les Flamands, qui redoutaient ce qu'ils appellent la "tache d'huile" francophone dans la région néerlandophone.

Au nord de cette frontière, on ne peut voter que pour des listes néerlandophones tandis qu'au sud de cette ligne les électeurs ne peuvent se prononcer que pour des candidats francophones, Bruxelles disposant d'un statut particulier.

Dans la capitale belge, peuplée à plus de 85% de francophones mais enclavée en Flandre, les électeurs peuvent porter leur voix sur des listes néerlandophones ou francophones, qui doivent d'ailleurs obligatoirement s'allier pour gouverner la région de Bruxelles afin de protéger la minorité flamande.

Pour régler le cas des francophones qui vivent dans la périphérie flamande de Bruxelles, la Belgique a créé un arrondissement électoral plus large que celui de la capitale.

Grâce à l'existence de "BHV", les quelque 150.000 personnes qui sont dans ce cas peuvent donc voter pour des listes francophones. Ceux qui vivent dans six communes dites "à facilités" touchant Bruxelles peuvent en outre utiliser leur langue dans leurs rapports avec l'administration et envoyer leurs enfants dans des écoles francophones.

Dès 1962, des partis flamands ont réclamé la fin de ces facilités et la suppression de l'arrondissement de BHV, deux mécanismes qui incitent selon eux les francophones à s'installer en Flandre sans s'intégrer en apprenant le néerlandais.

La frontière d'un futur État flamand ?

Progressivement, cette revendication a gagné l'ensemble de la classe politique flamande, qui en a fait une condition sine qua non de sa participation au gouvernement fédéral.

Pour les plus radicaux, comme le parti d'extrême droite Vlaams Belang, cela permettrait de faire de la frontière linguistique celle du futur Etat flamand indépendant.

Dans les communes à facilités, les délibérations des conseils municipaux, qui s'y déroulent dans les deux langues, sont fréquemment perturbées par des manifestants flamands qui crient "Franse ratten, buiten !" ("Rats francophones, dehors !") et "België barst !" (Belgique, crève !").

Les partis francophones ont longtemps fait front contre cette revendication, estimant que l'existence de BHV et des facilités linguistiques sont des compensations accordées en échange de la fixation de la frontière linguistique.

Mais devant la menace flamande de refuser toute participation à un gouvernement fédéral qui refuserait de la satisfaire, ce qui rendrait la Belgique ingouvernable, ils ont accepté à la fin des années 2000 de négocier.

Toutes les discussions se sont toutefois soldées par des échecs, les Flamands refusant toute compensation, comme l'élargissement de la région bilingue de Bruxelles.

Pour les Flamands, il s'agit d'une provocation, puisqu'il leur faudrait céder une partie de leur territoire en assurant du même coup une continuité territoriale entre la Wallonie et Bruxelles, ce qui désenclaverait la capitale.

Les parlementaires du nord du pays, majoritaires puisqu'ils représentent 60% de la population du pays, sont tentés de passer en force mais il s'agirait d'une rupture du pacte des Belges qui veut qu'une communauté n'utilise pas son poids démographique
pour imposer une réforme qui est rejetée par l'autre.

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.