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CRISE GRECQUE

Merkel pose ses conditions à la mise en place du plan d'aide à la Grèce

Texte par : Dépêche
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Vidéo par : FRANCE 3
6 mn

Pour la chancelière allemande, seuls une menace sur la stabilité de la zone euro et un "programme d'économies crédible" proposé par Athènes pourraient déclencher le plan d'aide que la Grèce a sollicité auprès de l'UE et du FMI.

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AFP - La Grèce, accablée par une dette record, s'est résolue vendredi à demander à l'Union européenne et au FMI de lui prêter d'urgence 45 milliards d'euros, mais l'Allemagne, qui serait le principal contributeur, continue à poser des conditions à son versement.

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Les marchés financiers, qui ont acculé la Grèce à anticiper une demande qu'elle ne comptait faire que mi-mai, ont réagi positivement. Les Bourses européennes ont terminé en hausse et l'euro, brièvement affaibli après l'annonce, a progressé sur la journée.

Sur le marché obligataire, où se joue le sort des finances grecques, la prime de risque imposée au pays a cessé d'augmenter. Les taux des obligations d'Etat grecques restent toutefois à des niveaux élevés, à plus de 8,6% pour les emprunts à 10 ans.

"Les marchés n'ont pas répondu (ndlr: au plan d'aide arrêté le 25 mars par les Européens), soit parce qu'ils ne croyaient pas à la volonté de l'UE soit parce que certains avaient décidé de continuer à spéculer", a déploré le Premier ministre Georges Papandréou dans un discours retransmis par les télévisions grecques.

La France, l'Espagne ou encore les Etats-Unis ont accueilli positivement la demande d'Athènes.

"C'est bon pour la Grèce et c'est bon pour la stabilité de la zone euro", a déclaré à la presse à Lisbonne le président de la Commission européenne José Manuel Durao Barroso.

"Je crois que le plan qui se met en marche, la procédure qui est engagée, c'est de nature à restabiliser une monnaie qui en a besoin", a déclaré de son côté la ministre française de l'Economie Christine Lagarde.

Mais la chancelière allemande Angela Merkel a posé immédiatement des conditions à l'octroi de ce prêt européen de 30 milliards d'euros, auxquels viendraient s'ajouter 15 milliards du Fonds monétaire international (FMI).

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Le plan sera activé seulement si "la stabilité de l'euro dans son ensemble" est menacée, et si Athènes présente un "plan d'économies crédible", a déclaré la chancelière, confrontée à une opinion hostile au principe d'une telle aide.

Dans un souci d'éviter tout délai qui risquerait d'affoler de nouveau les marchés, le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, s'est engagé à répondre "rapidement" à la demande de la Grèce.

Il doit s'entretenir dimanche avec le ministre grec des Finances, Georges Papaconstantinou, tandis que la mission d'experts, arrivée mercredi dans la capitale grecque, doit poursuivre samedi ses négociations pour définir les mesures que la Grèce devra prendre en 2011 et 2012 pour réduire son énorme déficit.

Les autorités européennes ont d'ailleurs indiqué que la décision d'activer l'aide serait prise en fonction de ce programme d'économie budgétaires.

L'UE semble vouloir aller vite. Elle a assuré que le processus se déroulerait "d'une façon rapide et efficace". Un optimisme partagé par M. Papaconstantinou, qui a estimé que l'aide pourrait être versée dans "quelques jours".

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Mais il n'est pas exclu que la demande d'aide doive être approuvée au plus haut niveau, par les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Eurogroupe, avant d'être soumise à l'aval des parlements de certains pays, dont l'Allemagne.

L'aide promise couvrira largement les besoins de financement de la Grèce pour 2010, estimés à 30 milliards. Aucun montant n'a été annoncé pour les années 2011 et 2012, alors que ce soutien est censé s'étaler sur trois ans.

Sans surprise, le chef de l'opposition de droite en Grèce, Antonis Samaras, a accusé M. Papandréou de se défausser de ses responsabilités en faisant appel au FMI, dont l'intervention fait redouter aux Grecs de nouveaux sacrifices.

Mais le patronat y a vu l'occasion pour la Grèce de "devenir un véritable pays européen".

A l'opposé, le parti communiste grec a fustigé une décision qui va "servir les intérêts de la ploutocratie grecque".

Vendredi soir, à l'appel de la gauche radicale, environ un millier de personnes ont manifesté à Athènes et Thessalonique (nord) contre la décision du gouvernement socialiste.

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