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Arrivé à Paris, le général Noriega doit être présenté à la justice française

L'avion transportant Manuel Noriega est arrivé à l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle. L'ex-président panaméen, âgé de 76 ans, a été extradé des États-Unis vers la France, où il doit être jugé pour blanchiment d'argent.

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AFP - L'ancien dictateur panaméen Manuel Noriega, qui doit être jugé en France pour

blanchiment présumé d'argent de la drogue onze ans après avoir été condamné par défaut, est arrivé mardi à Paris par avion en provenance de Miami (Etats-Unis) d'où il a été extradé.

L'avion d'Air France, transportant M. Noriega, âgé de 74 ans, s'est posé mardi matin à l'aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle, selon une source aéroportuaire qui a précisé à l'AFP que l'ancien homme fort du Panama était en voie de transfèrement vers le palais de justice de Paris.

Une fois au tribunal, l'ex-dictateur se verra notifier son mandat d'arrêt. Il comparaîtra ensuite devant un juge des libertés et de la détention (JLD) lors d'un débat contradictoire sur sa détention en attendant son procès.

La justice française l'a condamné par défaut en 1999 à dix ans de prison pour diverses accusations mais souhaite organiser un nouveau procès pour blanchiment présumé d'argent de la drogue.

Cependant, l'avocat français de Noriega, Me Yves Leberquier, a estimé lundi soir sur France Info que son client ne pouvait pas être jugé par la justice française, notamment en raison de la prescription des faits reprochés qui remontent aux années 1980, et de son immunité d'ancien chef d'Etat.

Portrait de Manuel Noriega

"Nous allons demander que la justice française se déclare incompétente", a déclaré Me Leberquier.

De plus, "le général Noriega a obtenu des Etats-Unis le statut de prisonnier de guerre" qui s'applique aussi en France, signataire de la Convention de Genève, et qui "devrait lui permettre d'avoir des conditions de détention dignes d'un prisonnier de guerre, ce que en l'état les prisons françaises ne peuvent absolument pas présenter", a ajouté l'avocat.

Longtemps allié des Etats-Unis pendant la Guerre froide, ancien informateur de la CIA, Manuel Noriega était tombé en disgrâce à Washington pour son implication dans un trafic de stupéfiants.

Il avait été renversé puis capturé en 1989 lors de l'intervention américaine au Panama ordonnée par le président américain George Bush.

L'ancien dictateur de ce pays d'Amérique centrale avait ensuite été condamné à 40

ans de prison aux Etats-Unis pour trafic de drogue. Placé en détention en Floride, sa peine avait été réduite à 17 ans pour bonne conduite.

Mais quelques jours avant la date prévue pour sa libération, en septembre 2007, un juge fédéral américain avait approuvé son extradition vers Paris.

Et la Cour suprême des Etats-Unis a refusé le 22 mars la demande de l'ex-homme fort du Panama d'être réentendu, éliminant ainsi son ultime recours contre une extradition.

L'extradition vers la France de M. Noriega a été notifiée à la France il y a quinze jours, selon le porte-parole du ministère français de la Justice, Guillaume Didier.

L'ordre d'extradition a été signé par la secrétaire d'Etat, Hillary Clinton, selon le Département d'Etat américain.

De son côté, le gouvernement panaméen a fait savoir qu'il respectait la décision "souveraine" des Etats-Unis d'extrader l'ancien dictateur vers la France, tout en demandant qu'il soit rapatrié pour faire face à la justice dans son pays.

Le général Noriega a été condamné au Panama à 54 ans de prison pour son implication dans la disparition et le meurtre d'opposants entre 1968 et 1989.

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