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Economie

Goldman Sachs tancée par les sénateurs américains

Vidéo par Claire BONNICHON

Texte par Dépêche

Dernière modification : 28/04/2010

Mis en cause dans une fraude présumée, les dirigeants de Goldman Sachs, ont été soumis, mardi, à un feu roulant de questions par des sénateurs américains qui cherchent à déterminer le rôle de la banque dans la catastrophe financière de 2008.

AFP - Les pratiques de la banque d'affaires Goldman Sachs ont été décortiquées mardi au cours d'une longue audition par des sénateurs américains pugnaces, mais les dirigeants du géant de Wall Street ont nié en bloc les allégations de fraude les visant.

Au cours de l'audition fleuve de près de 11 heures, les responsables du prestigieux établissement, visé par une plainte pour fraude de la SEC - le gendarme de la Bourse américaine - ont dû subir un feu roulant de questions.

Aucun des responsables interrogés n'a reconnu de fautes.

Le ton de l'audition a été donné dès les premiers échanges par le sénateur Carl Levin, président de la sous-commission permanente des enquêtes. Ce dernier a cité un courriel interne de Goldman Sachs, qui affirmait que l'un des produits financiers vendus par la firme était "une affaire de merde".

"Les échanges sont parfois assez tendus"

"Combien de ces +affaires de merde+ avez-vous vendu à vos clients?", a demandé M. Levin à Daniel Sparks, l'ex-responsable de la division des prêts hypothécaires.

Le sénateur Levin et sa commission ont produit nombre d'échanges de messages électroniques, fournis par la firme, pour étayer leurs affirmations.

Un peu plus tard, le sénateur a regretté que la banque ait "transmis le risque (à des clients)" eu lieu de l'assumer, en faisant au passage des profits.

Plusieurs autres sénateurs, dont les républicains John McCain et Tom Coburn et les démocrates Mark Pryor et Jon Tester ont également exprimé leur vive désapprobation vis-à-vis de ces pratiques.

Goldman Sachs est visé par une enquête de la SEC, qui l'accuse d'avoir vendu début 2007 à ses clients des produits liés à des actifs immobiliers à risque, sans les informer que la banque était payée par un fonds spéculatif pour monter une transaction permettant à ce fonds de parier contre ces mêmes titres.

M. Levin a demandé au PDG de Goldman Sachs, Lloyd Blankfein, le dernier à parler en fin d'après midi: "Vous pariez contre les mêmes produits que vous vendez et cela ne vous dérange pas et vous espérez que les gens vont vous faire confiance?"

"Je ne pense pas qu'il y ait une obligation de révélation", a répondu M. Blankfein, irritant davantage le sénateur Levin.

Prenant le contre-pied des accusations, M. Blankfein a aussi assuré que la banque n'avait parié ni contre le marché immobilier ni contre ses clients, perdant au contraire 1,2 milliard de dollars dans les titres liés à l'immobilier résidentiel.

L'audition de mardi intervient à environ six mois des élections législatives de mi-mandat et en plein débat au Capitole sur les moyens de mettre fin aux "comportements risqués" des grandes firmes de Wall Street.

Interrogé sur la réforme actuellement en discussion au Sénat, M. Blankfein a affirmé que la réforme était "essentielle" et qu'il la soutenait "globalement".

Les sénateurs ont également questionné le Français Fabrice Tourre, surnommé "fabuleux Fab", au coeur des accusations de fraude. M. Tourre, à l'époque des faits vice-président d'une unité de produits structurés chez Goldman Sachs, a nié "catégoriquement les allégations de la SEC" ajoutant qu'il se défendrait "devant la justice contre ces fausses accusations".

Parallèlement, à la Bourse de New York qui a fini en forte baisse mardi, sapée par les inquiétudes sur les dettes de plusieurs pays européens, l'action Goldman Sachs -- une des rares valeurs à gagner du terrain -- a fini en hausse de 1,01 dollar ou 0,66%.

Première publication : 28/04/2010

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