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LÉGISLATIVES BRITANNIQUES

Ultime débat télévisé pour Brown, Cameron et Clegg

Texte par : Dépêche
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Vidéo par : Mariam PIRZADEH
3 min

Les électeurs britanniques se préparent pour un troisième et dernier débat télévisé entre les leaders des trois principaux partis, en vue des législatives du 6 mai. La bourde du Premier ministre Gordon Brown est encore dans toutes les mémoires.

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AFP - Distancé dans les sondages à une semaine des législatives et accablé par une gaffe humiliante, le Premier ministre Gordon Brown joue son va-tout jeudi soir lors du dernier débat télévisé de la campagne, consacré à son domaine de prédilection: l'économie.

Le chef du gouvernement travailliste pouvait espérer se rendre avec une certaine assurance à cette troisième confrontation devant les caméras, face aux chefs de file conservateur David Cameron et libéral-démocrate Nick Clegg. L'économie est un des rares sujets où M. Brown marque des points dans les sondages et sa gestion de la crise avait été louée par nombre de capitales de par le monde.

Mais c'était sans compter sur la "catastrophe politique de la campagne" survenue mercredi, comme l'appelle le Guardian (gauche).

Lors d'une étape à Rochdale (nord-ouest), M. Brown a été piégé par un micro resté ouvert: il a qualifié Gillian Duffy, une retraitée sympathisante travailliste avec laquelle il venait de s'entretenir, d'"espèce de sectaire".

Le commentaire a instantanément fait le tour des médias et contraint le Premier ministre à se rendre au domicile de la grand-mère devenue célébrité nationale, pour présenter ses excuses. Il a également demandé pardon dans un courriel aux membres du Labour.

Le "bigotgate", du mot "bigot" (une personne sectaire, intolérante, voire bornée) employé par Brown pour qualifier la retraitée, faisait la Une de l'ensemble de la presse. "Duffy a mis Brown à genoux", croit le Times (centre-droit). "Jour de catastrophe", écrit le Daily Telegraph, proche des conservateurs.

Le dérapage "ne pouvait intervenir à pire moment", souligne le Guardian.

La formidable poussée des libéraux-démocrates, à la faveur des bonnes prestations de Nick Clegg lors des deux premiers débats, a relégué le Labour à la troisième place dans la plupart des sondages.

Les enquêtes publiées jeudi donnent aux conservateurs entre 34% et 36%, aux Lib Dems de 26 à 31% et aux travaillistes de 27 à 29%, laissant une nouvelle fois poindre un Parlement sans majorité absolue.

Le débat triangulaire télévisé de jeudi soir fait donc figure d'occasion de la dernière chance pour Brown. L'ancien ministre des Finances se présentera comme le mieux à même de réduire la dette publique, qui dépasse les 71% du PIB, sans mettre en péril la fragile reprise (+0,2% seulement au premier trimestre).

Il se fera fort d'attaquer une nouvelle fois le programme d'austérité des conservateurs, précipité, affirme-t-il, tandis que David Cameron s'empressera de dénoncer le "gaspillage" de l'argent public et Nick Clegg de défendre son projet controversé d'exonérer d'impôt les revenus inférieurs à 10.000 livres par an.

Le programme économique a reçu jeudi le soutien d'une centaine d'économistes britanniques et, selon un sondage ComRes pour l'Independent, MM. Brown et son ministre des Finances Alistair Darling recueillent la confiance d'une majorité des personnes interrogées, en matière économique.

Mais les téléspectateurs auront-ils l'oreille à écouter l'argument économique de Gordon Brown? La gaffe a "chassé" l'économie "hors du débat électoral", a estimé sur la radio LBC le libéral-démocrate Vince Cable, considéré par la presse comme un possible ministre des Finances dans l'éventualité d'un gouvernement de coalition avec le Labour.

Les rivaux de Brown ont cependant souligné l'importance du débat. "Nombre de personnes jugent ces débats très utiles pour se faire une opinion", a déclaré Nick Clegg. "C'est un moment très important", a affirmé David Cameron.

Quant à Gordon Brown, il a voulu tirer un trait sur le "bigotgate" en affirmant jeudi lors d'une étape de sa campagne : "Hier, c'était hier. Aujourd'hui, je veux parler de l'avenir de l'économie".

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