THAÏLANDE

Le Premier ministre propose d'organiser des élections le 14 novembre

Texte par : Dépêche
4 mn

Abhisit Vejjajiva propose la tenue d'élections législatives le 14 novembre prochain pour sortir la Thaïlande de la crise politique qu'elle traverse. Depuis la mi-mars, les "chemises rouges", qui demandent son départ, occupent une partie de Bangkok.

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AFP - Le Premier ministre thaïlandais Abhisit Vejjajiva, chahuté depuis presque deux mois par une crise politique meurtrière, a fait lundi des propositions concrètes pour sortir de l'impasse en évoquant l'organisation, sous conditions, d'élections le 14 novembre.

"Je suis réellement convaincu que la réconciliation de notre société ne prendra pas beaucoup de temps", a-t-il dit lors d'une déclaration solennelle à la télévision. "Quand ce moment sera venu, le gouvernement sera prêt à organiser des élections le 14 novembre".

Les "chemises rouges", manifestants au départ venus des zones rurales du nord et du nord-est du pays mais qui ont depuis conquis une partie des masses populaires des environs de Bangkok, occupent la capitale depuis la mi-mars pour provoquer la chute du gouvernement.

Retranchés dans un vaste quartier du centre-ville derrière d'immenses barricades de bambous aiguisés, ils jugent Abhisit illégitime, et lui reprochent de servir les élites traditionnelles de la capitale, autour du palais royal - militaires, magistrats, hommes d'affaires, hauts fonctionnaires.

Abhisit a proposé un programme en cinq points qui prévoit la garantie du respect de la monarchie, la lumière sur les violences qui ont fait 27 morts et plus de 1.000 blessés depuis le 10 avril, et une véritable amélioration de la justice sociale.

"Il est temps que l'ensemble du pays bénéficie d'une éducation, de soins de santé, d'un emploi et d'un revenu", a-t-il déclaré. "Certains estiment qu'ils ont subi des injustices et ont été négligés".

Le projet suppose aussi l'impartialité des médias thaïlandais, accusés d'avoir incité aux violences, ainsi qu'un accord sur une réforme de la Constitution.

Les "rouges" exigent en effet un retour à l'ordre constitutionnel qui prévalait avant le coup d'Etat militaire de 2006 contre Thaksin Shinawatra, la première véritable "star" de la politique thaïlandaise aujourd'hui en exil, et dont se réclame une partie du mouvement.

L'armée, omniprésente dans la politique du royaume, avait conservé le pouvoir pendant un an après le putsch et fait adopter une nouvelle Constitution.

Interrogé par l'AFP, un cadre de l'opposition a refusé de commenter ces propositions. "Nous discuterons (mardi) avant une réaction officielle", a indiqué Jatuporn Prompan. "Nous pourrions avoir des propositions à faire au gouvernement. Nous pourrions ne pas tout accepter".

Cette main tendue est la première initiative majeure vers une reprise des négociations depuis des semaines, dans un pays qui semble pouvoir à tout instant sombrer dans une grande violence.

Ce fut notamment le cas le 10 avril dernier, lorsqu'une tentative des militaires de déloger les manifestants d'un quartier de la vieille ville avait fait 25 morts et 800 blessés en quelques heures.

Depuis, deux autres incidents avaient encore fait couler le sang et les protagonistes n'avaient échangé que des menaces.

Ce week-end, le groupe de réflexion International Crisis Group (ICG), installé à Bruxelles, avait estimé que le pays risquait de dégénérer en "guerre civile latente".

Confirmant les craintes de nombreux observateurs et diplomates, l'ICG relevait que "le système politique thaïlandais (avait) cessé de fonctionner et (semblait) incapable d'empêcher le pays de verser dans un conflit généralisé".

Lundi, le pouvoir a aussi réitéré sa volonté de reprendre la zone contrôlée par les "rouges", si nécessaire par la force. L'armée a même précisé que des véhicules blindés seraient mobilisés. 

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