GRÈCE

Trois morts dans des violences en marge des manifestations contre le plan d'austérité

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Vidéo par : Pauline GODART
6 mn

Trois personnes sont mortes dans une banque incendiée par des casseurs en marge d'une manifestation organisée à Athènes pour protester contre le plan d’austérité des autorités. Inquiètes, les bourses européennes ont de nouveau chuté, ce mercredi.

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Trois personnes sont mortes mercredi dans l’incendie d’une banque, à Athènes, en marge d’une manifestation monstre contre le plan d’austérité dévoilé par le gouvernement grec, dimanche.

Des cocktails Molotov ont été lancés contre un bâtiment du centre-ville abritant une succursale de la banque Marfin, dans laquelle se trouvaient une vingtaine de personnes. Deux femmes et un homme ont perdu la vie dans les flammes. Selon Alexia Kefalas, la correspondante de France 24 en Grèce, le ministère des Finances, la préfecture d’Athènes et le bâtiment du fisc ont également été incendiés.

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"La police affirme que ces violences n'ont pas été commises par des manifestants mais par des casseurs, rapporte la journaliste. À la fin du cortège principal qui s’était déployé devant le Parlement, un groupe de casseurs est arrivé […]. Ils ont commencé à jeter des projectiles et des cocktails Molotov sur les policiers, qui ont répliqué à coup de gaz lacrymogène. Cela n’a pas suffi à les disperser."

Cure d'austérité

Cette journée est la plus violente qu’a connue la Grèce depuis l’arrivée au pouvoir des socialistes, en octobre dernier. Près de 30 000 personnes se sont rassemblées mercredi dans les rues de la capitale pour protester contre la cure d’austérité imposée par le gouvernement en échange d’une aide de 110 milliards d’euros de l’Union européenne et du Fonds monétaire international (FMI).

Une grève générale affecte tous les secteurs  - publics et privés -  et paralyse le pays. Transports, écoles, services publics sont restés fermés toute la journée ; les hôpitaux assurent un service minimum. Les médias, qui avaient également déposé des préavis de grèves, ont, pour la plupart, décidé de mettre leur mouvement entre parenthèses pour couvrir les violences qui se sont déroulées dans la capitale.

Les événements n’ont pas joué en faveur des bourses européennes, déjà inquiètes à l'idée que la crise grecque puisse se propager à d'autres pays de l'Union. La Bourse d'Athènes a à nouveau plongé de 3,91 %, ce mercredi et celle de Madrid de 2,27 %, l'Espagne étant considérée par les marchés comme le prochain maillon faible de l'UE. Londres (-1,28 %), Paris (-1,44 %) et Francfort (-0,81 %) ont également fait pâle figure, entraînant  Wall Street, qui a ouvert en baisse, dans leur chute. L'euro, lui, poursuivait sa descente aux enfers, passant sous la barre de 1,29 dollar, son plus bas niveau depuis le mois de mars 2009.

Le Parlement grec doit voter, d'ici à la fin de la semaine, un plan budgétaire rigoureux, incluant une baisse des salaires et des retraites ainsi qu’une hausse des taxes. Objectif : ramener le déficit public abyssal du pays, qui atteint 13,6 % du PIB actuellement,  à moins de 3 % en 2014. Parallèlement, le Parlement allemand débat du montant de la contribution allemande au plan d'aide de l'Union européenne à la Grèce. Berlin est censé en être le premier bailleur, alors que la mesure reste largement impopulaire en Allemagne.

La Grèce manifeste contre la cure d'austérité

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