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Attentat manqué de New York : comment la police a débusqué Faisal Shahzad

Un téléphone mobile, des clés et un numéro de série de moteur de voiture ont permis aux enquêteurs de remonter, en à peine 53 heures, jusqu’à l'auteur présumé de l'attentat raté de Times Square, dans le centre de New York. Récit d'une traque-éclair.

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Il aura fallu à peine 53 heures aux enquêteurs américains pour remonter la piste de l’auteur présumé de l’attentat manqué de Times Square, dans le centre de New York, arrêté lundi soir dans l’avion qu’il tentait de prendre pour quitter les États-Unis et rejoindre le Pakistan.

Le suspect, Faisal Shahzad, un Américain d’origine pakistanaise de 30 ans, a laissé une succession d’indices derrière lui. Trop sans doute pour mener à bien sa cavale. Après huit heures passées à sécuriser le 4x4 Nissan Pathfinder où a été retrouvé, samedi, un engin explosif élaboré à l'aide de pétards, de bidons d’essence et de bombonnes de propane, les enquêteurs ont pu mettre à jour le numéro de série du moteur.

Un schéma de la voiture piégée trouvée à Times Square, présenté durant une conférence de presse du ministre américain de la Justice, Éric Holder. (Crédit : AFP)
Un schéma de la voiture piégée trouvée à Times Square, présenté durant une conférence de presse du ministre américain de la Justice, Éric Holder. (Crédit : AFP)

Grâce à lui, ils ont mis la main sur le nom et l’adresse du dernier propriétaire enregistré du véhicule. Lequel a déclaré aux policiers avoir donné la voiture à une autre personne, qui elle-même a expliqué l’avoir mise en vente en avril sur plusieurs sites d’annonces en ligne.

La transaction a eu lieu le 24 avril au matin sur le parking d’un supermarché du Connecticut (est des États-Unis). Le 4x4 n’avait alors pas les vitres teintées, comme c’était le cas lorsqu’il a été découvert à Times Square. L’acheteur n'a jamais donné son nom et a payé en liquide (près de 1 000 euros). Mais il a commis l’erreur de téléphoner 12 fois au vendeur du véhicule, entre le 22 et le 27 avril, le dernier appel concernant une question sur la date de la dernière vidange d’huile. Le propriétaire du téléphone a pu être identifié comme étant Faisal Shahzad. Il a en outre été formellement reconnu sur des photos par le vendeur.

Plusieurs appels reçus du Pakistan

A partir de la liste des appels passés et reçus depuis ce téléphone, la police a découvert que le jeune homme avait reçu plusieurs appels provenant d'un numéro pakistanais, dont plusieurs datent du 24 avril. Le lendemain, le relevé indique également une communication avec un numéro en Pennsylvanie menant au magasin qui a vendu les 152 pétards ayant servi à la confection de la bombe.

Selon l'acte d'inculpation rendue publique mardi, Faisal Shahzad a affirmé après son arrestation "avoir reçu un entraînement à la fabrication de bombes au Waziristan", région du Pakistan connue pour être un centre de recrutement de terroristes. L’homme était rentré le 3 février du Pakistan, assurant aux services d'immigration qu'"il y avait passé cinq mois" pour voir sa famille et que sa femme était restée là-bas.

L’enquête s’attache à présent à déterminer s’il a agi seul – comme il l’affirme – ou s’il a bénéficié de soutiens de la part de groupes extrémistes étrangers. Les investigations se poursuivent ainsi au Pakistan, où des recherches sont en cours pour identifier les destinataires d'appels composés à partir du téléphone portable de Faisal Shahzad. Deux personnes ont été interpellées mardi à Karachi (sud du Pakistan) sur la base d'enregistrements téléphoniques. Un responsable local de la sécurité à Karachi a indiqué qu'il s'agissait de membres de la famille de Faisal Shahzad.

Islamabad via Dubaï

Les enquêteurs ont également découvert des clés à l’intérieur du véhicule qui devait exploser à Times Square. Il s’est avéré que l’une était celle de son véhicule personnel, une Isuzu noire, et que l’autre ouvrait la maison de Faisal Shahzad à Bridgeport (Connecticut), près de New York. Le FBI a déclaré, mardi, avoir perquisitionné à son domicile, mais n'a pas dit si des éléments intéressants y avaient été découverts.

Les photos diffusées après son arrestation montre le visage d’un homme souriant, portant un collier de barbe, les cheveux courts. Il a obtenu la naturalisation en 2009. Trois années durant, jusqu'en juin 2009, il a travaillé comme analyste financier de rang subalterne à Norwalk dans le Connecticut, au sein du groupe Affinion, une société de consultant en marketing. 

Un responsable de la compagnie Emirates a indiqué, mercredi, que Faisal Shahzad avait réservé un aller-simple pour Islamabad, via Dubaï.

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