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BOURSES

Wall Street s'interroge toujours sur le "mini-krach" de jeudi

Texte par : Dépêche
3 min

Les acteurs financiers de Wall Street n'arrivent pas à expliquer les causes qui ont amené le Dow Jones à perdre subitement 9 % de sa valeur jeudi après-midi. Selon le président Barack Obama, une enquête est en cours.

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AFP - Fausse manoeuvre d'un trader ou effets pervers de marchés de plus en plus informatisés ? Sous le choc, les Etats-Unis cherchaient à comprendre vendredi les raisons du plongeon bref, mais extrêmement violent, de Wall Street la veille.

En quelques minutes, jeudi, vers 18H45 GMT, le Dow Jones est passé d'une perte d'environ 200 points à un plongeon de 998,50 points, plus de 9%, du jamais vu sur la place new-yorkaise. Il s'est ensuite repris pour finir en recul de 347,80 points (-3,20%).

Le président Barack Obama a assuré qu'une enquête était en cours pour expliquer une "activité boursière inhabituelle", et promis de protéger les investisseurs.

Les régulateurs américains boursier, la SEC, et des marchés des produits dérivés, la CFTC, ont jugé le plongeon "incompatible" avec un fonctionnement "efficace" des marchés, et promis de rendre publiques leurs "conclusions et toute recommandation".

Preuve d'un dysfonctionnement du marché, selon les opérateurs, certaines actions comme celle du groupe de services informatiques Accenture ou du brasseur Boston Beer, qui produit la bière Sam Adams, se sont échangées brièvement à près de zéro.

"Nous ne pouvons pas accepter qu'une erreur technique effraie les marchés et cause un mouvement de panique. C'est inacceptable", a jugé le représentant démocrate de Pennsylvanie (Est) Paul Kanjorski. La Commission des Services financiers de la Chambre des représentants, dont il est membre, va tenir une audition sur la question mardi à Washington.

Peu après le décrochage, les chaînes financières américaines ont fait état de rumeurs dans les salles de marchés désignant une erreur humaine commise par un courtier de la banque Citigroup.

Un porte-parole de Citigroup a affirmé que ces rumeurs étaient "infondées", jugeant "troublant" qu'elle se soient "propagées si loin".

Mais très vite, le débat s'est porté vers la structure même des marchés, où la majorité des transactions sont effectuées par des ordinateurs surpuissants, à des intervalles de l'ordre de la milliseconde, à l'aide de programmes très complexes.

"Est-ce qu'il y a eu une erreur dans une transaction? Cela arrive régulièrement sur le marché, et si cela est arrivé au mauvais moment, cela a pu déclencher la panique", estime James Angel, professeur de finance à l'Université de Georgetown, à Washington, interrogé par l'AFP.

Mais "ce qu'on a vu, c'est un bon vieux mouvement de panique à l'heure d'internet", ajoute-t-il.

Au vu de la panique qui s'est emparée du marché, le NYSE-Euronext, opérateur de la Bourse de New York, a pris la décision de suspendre la cotation de certains titres pendant des périodes allant de 30 à 90 secondes.

Grâce à ce système l'action du groupe de produits de consommation Procter & Gamble, "est restée à 56 dollars (sur le NYSE) alors qu'au même moment elle était à 39 dollars sur les systèmes (de marchés) alternatifs complètement électroniques", a détaillé Roland Bellegarde, responsable des marchés européens du groupe boursier.

"Cela signifie qu'on a retiré une grande partie de la capacité du marché, au moment où tout le monde voulait vendre", explique James Angel. "Les ordres de ventes sont allés ailleurs, et les prix ont baissé encore plus vite".

Autrement dit, ils sont allés sur les plateformes électroniques, comme le Nasdaq, dont le patron a critiqué l'attitude de son concurrent.

En suspendant brièvement ces titres, le NYSE "leur a, en gros, tourné le dos, et le manque de liquidité dans les échanges des titres cotés chez eux a eu un effet disproportionné", a déclaré Robert Greifeld sur la chaîne CNBC.

Le patron du NYSE, Duncan Niederauer, a défendu "un modèle en place depuis des années. "Personne n'abandonne ses obligations", a-t-il assuré.

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