UNION EUROPÉENNE

L'Allemagne propose 500 milliards d'euros pour soutenir la zone euro

Texte par : Dépêche
4 mn

Les ministres européens des Finances négocient, dimanche, une solution pour soutenir la zone euro et rassurer les marchés. L'Allemagne propose un plan d'aide de 500 milliards d'euros associant l'Europe et le FMI pour endiguer la crise.

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AFP - L'Allemagne a proposé dimanche soir un gigantesque plan de 500 milliards d'euros associant l'Europe et le FMI pour venir en aide si nécessaire aux pays de la zone euro en difficulté, dans l'espoir de stopper une crise qui prend une dimension internationale.

"L'Allemagne a mis sur la table une proposition totale de 500 milliards d'euros" lors de la réunion des ministres des Finances de l'Union européenne à Bruxelles, a indiqué cette source.

Il s'agirait par son ampleur et s'il fait l'objet d'un accord, d'un plan d'aide sans précédent dans l'histoire.

Il comprendrait 60 milliards d'euros de prêts octroyés par la Commission européenne, dont il était question jusqu'ici, ainsi que 440 milliards qu'apporteraient si nécessaire les pays de la zone euro et le Fonds monétaire international (FMI).

Cette dernière enveloppe serait constituée "de prêts bilatéraux, de garanties pour des emprunts et de lignes de crédit du FMI", selon la même source.

Les ministres étaient engagés dans une course contre la montre pour arracher un accord, susceptible de rassurer les marchés avant leur ouverture tôt lundi dans la région Asie-pacifique.

Un peu plus tôt dimanche, la France avait fait état d'un "accord" entre Paris et Berlin sur un paquet de mesures.

Le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel se sont entretenus à 16H00 GMT dimanche et ont "constaté leur accord complet sur les mesures qui seront annoncées" à Bruxelles, a affirmé la présidence française à Paris, sans donner aucun détail.

Toutefois, selon des diplomates les avis divergeaient encore dans la soirée entre pays sur l'ampleur du Fonds de soutien et sur les mécanismes à utiliser.

Dans un premier temps, les ministres ont discuté de la mise à disposition par la Commission européenne de prêts de 60 milliards d'euros, gagés sur des fonds non utilisés du budget de l'UE.

Cette enveloppe, qui est la limite de ce que Bruxelles peut emprunter sur la base du budget de l'UE, était néanmoins considérée comme insuffisante pour rassurer les marchés.

Il a fallu à titre d'exemple à la communauté internationale mobiliser 110 milliards d'euros sur trois ans pour la seule Grèce, dont 30 milliards d'euros apportés par le FMI qui a approuvé dimanche sa contribution.

Pour compléter le mécanisme, une idée complémentaire a d'abord été avancée: augmenter l'enveloppe disponible de prêts potentiels de l'UE, avec des garanties des pays de la zone euro, selon une source diplomatique.

Mais l'Allemagne notamment a émis des réserves, redoutant notamment des recours constitutionnels, le traité européen interdisant en principe à l'Union européenne de sauver un pays de la zone euro de la banqueroute.

Berlin a donc avancé sa proposition alternative, en demandant l'implication du FMI, synonyme de sévères contreparties imposées aux Etats de la zone euro qui feraient appel au mécanisme. L'essentiel des 440 milliards seraient en effet apportés si nécessaire sous forme de prêts bilatéraux par les pays de la zone euro à ceux en difficulté.

Il n'est pas non plus exclu que la Banque centrale européenne (BCE) prête aussi de l'argent aux pays dans le besoin, sous forme d'achat de leurs obligations, selon des sources diplomatiques.

L'UE est sous pression car la crise est en train de prendre une dimension internationale. Le président américain Barack Obama appelé dimanche la chancelière allemande Angela Merkel, pour la deuxième fois en trois jours, afin de réclamer "des mesures énergiques pour redonner confiance aux marchés", a indiqué la Maison Blanche.

Le président Sarkozy a aussi eu dans la journée un entretien téléphonique avec Barack Obama pour constater "un large accord sur la nécessité d'une réponse d'ampleur aux désordres actuels qui affectent les marchés".

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